Isabelle Chladek

Résidence
Du 17 au 20 janvier 2022

Isabelle Chladek est accueillie en résidence aux SUBS pour son projet Nos désirs font désordres, les vôtres sont-ils des ordres ?

La métaphore du GEYSER est bienvenue pour suggérer les intentions de notre projet et les formes qu’il pourrait prendre puisque ce sont les élans du DÉSIR qui en seront le moteur. Quels terrains mieux à même que ceux de nos désirs pour allumer nos sensibilités et les frotter à celles du public, questionner nos incertitudes, consoler nos frustrations, alimenter nos imaginations et nos colères, proposer une fête et s’en réjouir un moment hors du temps ? Et quels espaces mieux adaptés que ceux du Grütli et de ses environs pour recevoir les formes éclatées et les éner- gies des explorations performatives collectives de ce projet, les frottements de l’intime et du public ?

Spinoza affirme que le désir est «l’essence même de l’homme » et l’appelle le « conatus ». Il y voit en effet l’effort que déploie tout être humain pour « persévérer dans son être ». « Le désir est l’appétit avec conscience de lui-même. […] Nous ne nous efforçons à rien, ne voulons, n’appétons ni ne désirons aucune chose, parce que nous la jugeons bonne […]; mais, au contraire, nous jugeons qu’une chose est bonne parce que nous nous efforçons vers elle, la voulons, appétons et désirons » (Ethique). Plutôt que de le considérer comme un manque, le dé- sir est la manifestation même de l’essence de l’existence en perpétuel devenir. Force affirmative, le désir devient alors, sous la plume de Deleuze et de Guattari dans L’Anti-Œdipe, une puissance de subversion qui ne demande qu’à investir les corps et les objets pour produire des formes et des valeurs authentiquement nouvelles.

Après l’obtention d’une licence en Lettres à l’université de Ge-

nève (littérature française et histoire de l’art) elle mène une exploration théâtrale auprès de différents metteurs en scène de la région romande et obtient en 1999, un statut de comé- dienne professionnelle. Elle a joué dans plusieurs réalisa- tions théâtrales et depuis plusieurs années, elle intervient dans la mise en scène de créations qui sont les siennes ou celles choisies par des équipes artistiques avec lesquelles elle collabore.

En 2002, elle crée la Cie Folledeparole avec laquelle elle ex- plore des textes dont les écritures offrent une ouverture à différentes formes d’expressions scéniques et une charge poétique qui nourrisse ses aspirations artistiques et ses en- gagements personnels et publics.

Parallèlement à ce parcours théâtral, elle a été professeur de français et d’histoire de l’art pendant plus de 30 ans et a ani- mé un Atelier-Théâtre qu’elle a créé au CFPArts de Genève.

Depuis 2016, elle développe plus particulièrement un cycle de performances autour des questions d’identités et de genre en collaborant avec de jeunes artistes émergent.e.s pluri- disciplinaires et avec différents partenaires tels que la Fa- culté des Lettres et les Activités culturelles de l’université de Genève, la HEAD, le Festival Antigel, la Semaine de la Pride 2019-2020, le Festival Cinéma EveryBody’s Perfect.

Début 2020, avec l’arrivée du Covid et les restrictions radicales concernant l’activité des lieux de culture, elle crée FRICHE COLLECTIF pour intervenir IN&OUT sur le mode de l’infil- tration performative dans les rues, sur les places de Ge- nève avec un mandat de la Ville pour un Eté ré-inventé avec OUT&OUT.

Elle travaille actuellement à la création d’un projet soutenu par le Fonds Vivre Ensemble du DIP, ce sera QUEER@SCHOOL