Mélissa Von Vépy

Noir M1

Cirque / Performance

Ce spectacle est présenté dans le cadre du festival Livraisons d’été.

Avec la pièce en solo Noir M1, Mélissa Von Vépy se glisse dans la peau d’une technicienne éclairagiste. Cette « femme de la pénombre » s’agite, seule, au cœur d’un plateau de théâtre en friche. Lorsqu’un basculement accidentel la projète dans le décor, l’âme de héros chimériques s’invite en cette femme et en ce lieu, espace de création, de travail et d’imaginaire.

Ce projet est né d’une carte blanche confiée par Cathy Bouvard à Mélissa Von Vépy pour la conception d’une performance autour de la notion de héros. Dans le contexte du théâtre, cette notion fait surgir une distinction basique entre ceux qui se trouvent dans la lumière et ceux qui ne s’y trouvent pas. Ce sont pourtant « ceux de l’ombre », les auteurs, metteurs en scène, éclairagistes, compositeurs, techniciens…, qui donnent toute leur substance à ce « figures-enveloppes » que sont les héros de fiction.

Plus d’information : melissavonvepy.com

Photo : © Christophe Raynaud de Lage

Conception, interprétation : Mélissa Von Vépy

Collaboration artistique : Sumako Koseki

Lumière : Xavier Lazarini

Son : Jean-Damien Ratel

Scénographie : Neil Price

Costume : Catherine Sardi

Production, diffusion : Pierre-André Kranz

Production : Happés – théâtre vertical

Coproduction : Le Carré-Colonnes – Scène Conventionnée de Saint-Médard-en-Jalles / Théâtre Jean Lurçat – Scène Nationale d’Aubusson / Espace Malraux – Scène Nationale de Chambéry et de la Savoie / Forum-Meyrin – Genève, Suisse

Accueil en résidence : Le CREAC – Pôle Cirque à Marseille / Les Subsistances – Lyon

Soutiens : Le Conseil Général du Gard, DRAC Occitanie
Demandes en cours : Le Conseil Régional Languedoc-Roussillon, Le Ministère de la Culture et de la Communication : DGCA, Ville de Genève, Pro-Helvetia

Il m’a toujours semblé qu’un lieu de théâtre, même vide, contient nécessairement une densité d’air singulière, quelques particules ou je ne sais quoi qui resterait suspendu en cet espace de création, de travail, d’imaginaire.

Sans démystifier cette dimension spirituelle du théâtre, j’aimerais la rendre plus palpable, éclairer, sonoriser cet invisible.

Partant de ce qui n’est habituellement pas visible pour le spectateur : un plateau de théâtre en friche, où les perches sont descendues, projecteurs et enceintes sont déposés sur scène, et, interprétant une technicienne éclairagiste, « femme de la pénombre » se croyant seule en cet endroit, sans témoins, j’aimerais sonder ce lieu de théâtre où demeure l’empreinte des chimères qui l’ont habité.

La cage de scène comme lieu de spectacle, de représentation, mais aussi celui de la FABRICATION d’une pièce : là où la création se trame, se déploie, entre le jeu des comédiens, des danseurs, la mise en scène, et une part plus technique : la construction des décors, la mise en lumière, la composition sonore.

Ce sont bien ces « effets » ou artifices techniques très concrets qui permettent le basculement dans ce monde si paradoxal, où rien n’est réel et qui pourtant nous révèle de profondes vérités.

De l’autre côté du rideau, il est aussi des rituels, des superstitions propres à cet univers. La nuit, aujourd’hui encore, dans presque tous les théâtres, on place sur la scène une petite lampe appelée « la servante » pour éloigner les fantômes. De même, il est des mots imprononçables, qui portent malheur : « corde », « vendredi », la couleur verte, il ne faut jamais siffler, ni prononcer le nom de Macbeth, on parle de « La pièce écossaise ». Les incantations des sorcières sont particulièrement néfastes !

C’est cette alchimie mystérieuse, qui m’est à la fois intime et qui continue à me fasciner, qui constitue la matière première de Noir M1. J’aimerais en restituer le parfum, l’odeur du théâtre qui m’est chère.

Mélissa Von Vépy

Mélissa Von Vépy

Née à Genève en 1979, Mélissa Von Vépy s’initie aux Ateliers arts du cirque dès l’âge de 5 ans, puis intègre le cursus du CNAC (Centre National des Arts du Cirque), dont elle sort diplômée en 1999 (trapéziste). Artiste en résidence à Sète (2004-2009), elle décide d’installer sa compagnie (fondée en l’an 2000) à Aigues-Vives, dans le sud de la France, puis aussi à Genève, en Suisse. En 2007, Mélissa Von Vépy reçoit le Prix « Art du cirque » de la SACD.

Mélissa Von Vépy développe une recherche fondée sur sa pratique de l’aérien lié au théâtre et à la danse, menant une exploration particulière des dimensions physiques et intérieures de la gravité : quête de légèreté, chute, vide, dépassement…

Constamment nourrie de ses rencontres et collaborations avec différents artistes, Mélissa Von Vépy creuse un sillon atypique, sa technique d’artiste aérienne demeurant la matière première de ses créations. Singulières de par leur dimension aérienne et théâtrale, plus largement pluridisciplinaires, les créations de Happés portent la métaphore artistique sur des préoccupations humaines essentielles impliquant chacun au travers de sa perception, de sa réalité et de son imaginaire.

Dans le parcours des gammes multiples de l’axe vertical, il y a cet instant de tous les possibles, où l’être se tient à la limite de l’envol, frôlant le sol, dégagé de tout poids. Cet état fugitif de flottement, entre grâce et vacillements maladroits, constitue, en ce qu’il évoque, un espace de recherche inépuisable.

Créations :

  • Noir, M1 (février 2018)
  • L’Aérien, causerie-envolée (2017)
  • J’ai horreur du printemps (2015)
  • VieLLeicht (2013)
  • Miroir, Miroir (2009)
  • Dans la gueule du ciel (2009)
  • Croc (2007)

Avec Chloé Moglia :

  • En suspens (2007)
  • I look up, I look down… (2005)
  • Temps Troubles (2003)
  • Un certain endroit du ventre (2001)

Ces créations ont été présentées sur les principales scènes en France ainsi qu’en Suisse, Belgique, Portugal, République Tchèque, Croatie, Malaisie, Corée…
Interprète recherchée, Mélissa rejoint la compagnie suisse  » Zimmermann & de Perrot » pour Hans was Heiri en 2012, puis  Pascale Henry pour Ce qui n’a pas de nom en 2015. En 2003, elle est interprète dans la création de  Guy Alloucherie, Les Sublimes et en 2008, dans UCHUU-cabaret de  Carlotta Ikeda.

Mélissa Von Vépy donne régulièrement des ateliers et des master-class sur l’aérien aux professionnels et amateurs. Elle est aussi invitée en tant que regard extérieur par de nombreuses compagnies.