Les Demoiselles d’Afrique

Danse / Création

Dans le cadre de Si loin si proche, un jumelage artistique en mode SUBS

Ange Aoussou-Dettmann, Agathe Djokam Tamo, Aïcha Kaboré, Kadidja Tiementa, Carmelita Siwa et Germaine Sikota

Salia Sanou réunit sur un même plateau six jeunes danseuses et chorégraphes originaires du Burkina Faso, du Mali, de Côte d’Ivoire, du Togo et du Cameroun. Leur création collective représente un saisissant portrait de groupe d’une jeune génération prête à en découdre et un manifeste artistique sur la place des femmes en Afrique au XXIème siècle. Le deuil, les larmes, la solitude, les traditions aliénantes mais aussi l’ironie et la fantaisie nourrissent leur énergie créatrice.
Voici venir la relève de la danse contemporaine africaine !

Ange Aoussou-Dettmann

Faire une pause pour se réorienter. Tenter de retrouver un espace de liberté pour exprimer des sentiments enfouis au plus profond de son être. Comment rendre compte artistiquement des violences subies par une famille durant la crise ivoirienne de 2010 ? Comme le titre du spectacle l’indique d’emblée, Ange Aoussou-Dettmann mobilise sa couleur fétiche – le rouge – pour évoquer des moments douloureux qui ont marqué sa vie et forgé son destin d’artiste. Elle partage aujourd’hui son temps entre l’Allemagne et la Côte d’Ivoire où elle est très active pour accompagner de jeunes artistes avec notamment le festival international de danse « Un pas vers l’avant » à Abidjan. Son engagement est porté par une conviction souveraine : « C’est avec l’art qu’on peut changer le monde ».

Agathe Djokam Tamo

Agathe Djokam Tamo a fait ses armes chorégraphiques dans les battles de Hip Hop et au sein de New Generation, l’un des meilleurs crews de breakdance du Cameroun, basé à Yaoundé. Elle a complété sa formation en passant par l’École des Sables au Sénégal avant d’être lauréate du programme « Visas pour la création 2017 » de l’Institut Français et d’entreprendre de nombreux voyages en Afrique et en Europe. Empreinte de la physicalité des danses urbaines, son écriture explore de multiples ressources pour décliner les états d’âme et de corps d’un individu confronté à la perte d’un être cher. Dédiée à son père et à sa sœur disparus, cette création charrie toute la gamme d’émotions liée au deuil : colère, nostalgie, anéantissement, acceptation et renaissance.

Aïcha Kaboré

« Je retrace le vécu de ces nombreuses femmes murées dans un silence mélancolique face à des pratiques ancestrales, souvent avilissantes. Leur avis ou leur choix ne compte pas », explique la chorégraphe. Repérée par Irène Tassembédo, directrice artistique du festival international de danse de Ouagadougou (FIDO), Aicha Kaboré s’intéresse au sort de ces veuves contraintes de se remarier avec un frère de leur mari décédé afin de poursuivre la lignée familiale. À partir de ces drames intimes, elle met en exergue le courage, la persévérance et la révolte des femmes dont elle incarne la puissance de résistance.

Germaine Sikota

Malgré son jeune âge, Germaine Sikota fait partie des références de la scène chorégraphique togolaise où les femmes sont d’ailleurs très peu nombreuses à s’imposer. Son solo nous plonge dans les affres d’une jeune femme qui, entre rejet, incompréhension et injustice, doit faire face à de nombreuses épreuves. La chorégraphe dénonce les situations d’exil social dont sont victimes trop de femmes en Afrique et donne corps à un esprit de révolte. Il est temps pour elles de faire entendre leur vérité, de rendre visible leur rôle et de se construire en dépit des circonstances, même si c’est comme un « arbre à l’envers ».

Kadidja Tiemanta et Carmelita Siwa

Née en Côte d’Ivoire, Kadidja Tiemanta a beaucoup voyagé pour découvrir de nouveaux horizons chorégraphiques, notamment avec la compagnie Don Sen Folo à Bamako, dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, ainsi qu’au Brésil. Le duo Crossing, qu’elle interprète avec la danseuse malienne Carmelita Siwa, se présente d’ailleurs comme un voyage dansé qui traduit en gestes et en mouvements les chemins parcourus pour forger sa propre identité. Entre soi et l’autre, ici et ailleurs, passé et présent : notre identité est dynamique et tendue vers un accomplissement toujours à réinventer.

Chorégraphie et interprétation : Ange Aoussou-Dettmann, Agathe Djokam Tamo, Aicha Kaboré, Kadidja Tiementa, Germaine Sikota, Carmelita Siwa
Mise en scène et dramaturgie : Salia Sanou
Musiques : Strigall Gallotta, Is This What Everybody de Cliff Martinez, Collective for “Changuito” de Drums for Tomorrow, Voix de Madame Tzegouo Marie Alvisse et Mfopou Tsiemi Abdel Rahim, Last wishes d’Ibrahim Malouf, Zam Ebale Martino.
Adaptation / régie son et lumière : sous le regard de Jean-Paul Sari

Production : Les SUBS – lieu vivant d’expériences artistiques, Lyon
En coopération avec le CDC La Termitière, Ouagadougou et la Compagnie Mouvements Perpétuels

Soutiens (en cours) : L’Institut Français dans le cadre de la convention avec Institut Français/Ville et Métropole de Lyon, ONDA – Office National de Diffusion Artistique, Association Res Publica

Remerciements et soutiens :
J’aime le rouge : Dany Rüger, Francky Messi
Les Larmes de la veuve : Emily Coates, Lacina Coulibaly, Auguste Ouédraogo, Bienvenue Bazié
À qui le tour ? : Romain de Lagarde, l’École Des Sables, l’Institut Français de Paris (Visa pour la création 2017), l’Institut Français du Cameroun, l’Espace Donko Seko, le Centre chorégraphique Pôle en Scènes/Pôle Pik, Acogny d’Argent Africa Simply The Best 2019
Crossing : Bibata Ibrahim Maiga
Adido : Yacouba Traoré, Doublé, Wassila, Mohamed, Roger, l’Institut français (Visa pour la création 2018), l’Espace Donko Seko, l’École des Sables, le CDC La Termitière, le Théâtre Soleil (Ouagadougou)