étape de création

devancer les spectres
Performance / Installation

Têtes chercheuses de la création pluridisciplinaire, les SUBS s’associent aux grandes écoles lyonnaises de formation artistique pour mettre en lumière quatre personnalités au seuil de carrières plus prometteuses les unes que les autres.

Parcours d’installations-performances à la rencontre des artistes du Post-diplôme Recherche et Création porté par la CinéFabrique, le CNSMD Lyon, l’ENSATT et l’ENSBA.

Le Post-Diplôme Recherche et Création Artistique a comme objectif d’encourager le développement et la recherche transdisciplinaire en arts visuels, cinéma, danse, musique et théâtre. Quatre grands établissements supérieurs d’enseignement artistique se sont réunis depuis 2018 pour offrir un cadre idéal à la recherche transversale en art, pour faire avancer les enjeux de recherche, afin d’ouvrir autant que possible la réflexion et de décloisonner les pratiques. Les étudiant·es-artistes-chercheur·euses en Post-Diplôme sont amenés à élaborer un projet artistique par la mise en situation d’expérimentations favorisant l’émergence de formes originales et interdisciplinaires.

Ce dispositif éducatif bénéficie du soutien financier de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

« parmi l’humilité de la chair, ceux qu’il reste » met en scène des êtres humain.es en constante recherche sur leur façon d’être face et avec la mort.

NOTE D’INTENTION
C’est avec la pluralité des ressentis de chacun.e et la multiplication des funérailles personnalisées, que je m’interroge sur nos rapports contemporains à la mort et comment ceux-ci motivent nos émotions, décisions, rêves et gestes dans le présent. Qu’est ce qui intimement autant que collectivement se crée dans ces brèches de conscience que nous offre la présence de la mort ?

Je souhaite notamment explorer les pratiques de rituels funéraires qui sont aujourd’hui en plein bouleversement d’esthétique et de sens. J’apprécie que la pluralité des croyances (athéistes, religieuses, spirituelles, rationalistes…) amène cette instabilité des codes, cette perte des repères et finalement ces inventions d’espaces et de gestes ; ces êtres humains en recherche perpétuelle de vivre, en recherche perpétuelle de comment faire ? tout en faisant, malgré l’inconnu, malgré l’incertitude.

Je considère alors le corps comme un vecteur d’expérience sensible et cherche à augmenter ses capacités «d’écoute». Parfois, on se prête au jeu de faire le mort nous-même : arrêter de respirer, ne pas réagir, rigidifier son corps. Entre calme et tension physique extrême, cela nous mène presque à un quintet d’apnéistes où, de l’absolue nécessité de la respiration, advient une écriture chorégraphique.

« De quoi les morts rendent-ils capables les autres êtres ? A quoi tiennent-ils ? Quelles relations choisissons nous d’avoir avec eux ? »*

Inspiré.es du travail de la philosophe Vinciane Despret et de nos expériences personnelles, nous sommes à la recherche d’un espace poreux où être et non-être continuent de dialoguer et échanger, un espace de fabrications nouvelles et de perceptions modifiées.

*Au bonheur des morts, Récits de ceux qui restent, Vincianne Despret, La Découverte, 2015

BIOGRAPHIE
Formée d’abord à la danse classique, Eva Aubigny intègre en 2009 l’École de Danse de l’Opéra de Paris. Après une rencontre avec Jean-Claude Gallotta au CRR de Paris, elle continue sa formation en danse contemporaine et entre en 2016 au CNSMD de Lyon. Elle travaille les répertoires de Daniel Larrieu, Yuval Pick, Carolyn Carlson, Sasha Waltz, Sharon Eyal, Christian Rizzo et Samuel Mathieu. En 2018, elle travaille avec Jérôme Bel pour la Biennale de la Danse de Lyon et participe à la création de la compagnie lyonnaise YAGE en 2019 dans laquelle elle est chorégraphe et interprète. Elle est aujourd’hui lauréate du Post-diplôme de Recherche et Création du CNSMDL et interprète pour Miguel Filippe, Louison Valette et la compagnie franco-luxembourgeoise Eddi Van Tsui.

« parmi l’humilité de la chair, ceux qu’il reste » est sa première pièce et est le fruit d’une recherche artistique portant sur les rapports humains à la mort. Engageant les corps dans un travail d’apnée, de points de tension extrêmes et de relâchements ; Eva Aubigny cherche à ouvrir des espaces ou se mêlent danse, musique des souffles, et relations plastiques à travers le prisme du rituel funéraire. Elle débute actuellement l’écriture de « PARMI (duo) », version pour deux danseurs.euses qui verra le jour en 2022.

DISTRIBUTION & MENTIONS
Eva Aubigny – Chorégraphie : Eva Aubigny /YAGE
Avec la complicité des danseurs.euses : Enzo Blond, Bastien Charmette, Léna Dompy, Héloïse Larue, Mélisande Tonolo/Lisa Martinez
Scénographie : Sarah Bisson
Musique : Felix Beguin
Lumières : Louise Rustan
Travail plastique : Alexia Pouget
Costumes : Louison Valette
Accueil en Résidences : La Pratique, Atelier de fabrique artistique, Vatan – région Centre-, Val de Loire, L’Essieu du Batut en Aveyron, Le Croiseur – Scènes Découvertes, Ring – Scène périphérique
Coproduction : La Plateforme / Cie Samuel Mathieu, CNSMDL, ENSBA, ENSATT et Cinéfabrique

NOTE D’INTENTION
Comment transmettre le son d’un souvenir ? Au cœur des structures sonores Baschet Marilou va chercher à enregistrer le son du cristal sonore, un son a priori impossible à enregistrer, un son emprunt d’une histoire. Pour ça elle réunit une équipe d’artistes en tout genre qui vont ensemble chercher à recréer ce souvenir par différents médiums et expérimenter autours de cette notion de transmissions.

BIOGRAPHIE
Marilou fait ses premiers pas dans l’audiovisuel en 2015 lorsqu’elle intègre un BTS Audiovisuel au Lycée Jacques Prévert à Boulogne. Très vite elle prend goût au travail du son à l’image et décide de développer son aspect plus artistique à la CinéFabrique de Lyon. Ses trois années d’études lui permettent de réfléchir à la place du son au cinéma tout en travaillant sur de nombreux projets de fictions et de documentaires. En travaillant dans ce milieu elle reconnecte avec l’association Structure Sonore Baschet et redécouvre ces œuvres par un prisme plus technique que lors de sa première rencontre avec les structures lorsqu’elle était jeune.

MENTIONS
En partenariat avec les Structures Sonores Baschet

NOTE D’INTENTION
« Il ne restait que la nuit.
Je commençais à ne plus me rappeler de son visage
De la forme exacte de ses yeux
Je sais qu’il y avait quelque chose de doux et un peu d’inexplicable dedans
En la voyant faire, j’avais appris à tenir, à briser la peur en deux.
Partir marcher.
Avancer masquée,
sac à dos en carapace,
bouclier contre les bourrasques.
Les reflets de la montagne en été.
Les éclats rougeâtres des pierres, les rocailles.
Des objets à mirages.
C’est le seul endroit où je peux comprendre.
Alors.
Je vais la nuit je dis son nom. »
Par les cols est le récit d’une enquête, par des images et des corps, sur une disparition en montagne.

BIOGRAPHIE
Après ses études d’art à l’Ecole Supérieure d’Art et Design de Saint-Etienne, à l’Université de Brighton en Master Performance and Visual Practices et Master Creative Writing et l’obtention de son DNSEP en Art, Mathilde Segonds a poursuivi son parcours au sein du département d’Écriture dramatique de l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts et Techniques du Théâtre. Elle développe et approfondit un travail qui s’articule entre les arts visuels et l’écriture. Elle a eu l’occasion de prendre part à différentes expositions et événements sous ce statut d’artiste-autrice (Cabinet du livre d’artiste à Rennes, Cité du Design à Saint-Etienne, Onca Gallery à Brighton, Parasol Unit à Londres, Théâtre des Marronniers, Centre international de poésie Marseille…), et commet régulièrement des performances liées à la radiophonie. Elle est également traductrice de théâtre et de poésie.

MENTIONS
Avec la participation de Frédérique Vivet, Arthur Vervier-Dasque, Malou Rédarès, Marlène Charpentié, Léa Ferec-Pourias, Stéphanie Pitiot et de Marine Reignier. En partenariat avec Villa Glovettes.

NOTE D’INTENTION
« Nécessaire est la relation qui unit deux personnes, chacune à l’un et l’autre bout d’une impalpable vibration sonore. Que se passe-t-il quand ce fil invisible unit non pas seulement une bouche à une oreille, mais deux regards, deux esprits, deux souffles, deux vies, dans un même instant ? » Henri Gougaud.

Comment construire un espace scénographique qui propose un nouveau regard pour les personnes qui le pratiquent ? De quelle façon les corps des spectateur.ice.s et performeur.se.s ont un rôle dans l’élaboration de cet espace ?

En voulant m’affranchir des codes de représentation classique, je me suis intéressée aux espaces de rencontres comme les sex shops, les prisons, les lieux de cultes, pour en extraire des situations de regards que j’ai appliquées à l’espace de représentation. Mes questions, d’abord personnelles, sont devenues des questions d’actualité. En effet mes dispositifs questionnent malgré eux notre relation à la culture cette dernière année.

« Peeping box » appartient à cet ensemble de dispositifs en gravitation, interrogeant l’intimité entre performeur.se.s et spectateur.ice.s, la consommation du spectacle vivant, l’importance physique dans l’écoute…  Il s’attarde principalement à altérer, diriger et concentrer le regard des spectateur.ice.s. Je propose une expérience dynamique du spectacle. Le regard d’abord isolé, concentré est également fragmenté, décentralisé, inversé…  La performance devient évolutive, permettant au spectateur.ice.s d’expérimenter différentes situations de perception du spectacle avec toujours cette notion d’intimité qui se tisse et se dé-tisse au fil des mises en espace. La scénographie n’est plus au service du performeur mais support du regard et vecteur de lien. Le dispositif, parce qu’il constituent un environnement autres qui diffèrent de l’espace du quotidien, engagent les corps dans d’autres modalités d’être et les confrontent à interroger la manière usuelle par laquelle ils pensent, agissent et ressentent. Le dispositif, parce qu’il constitue un environnement qui diffère de l’espace du quotidien, engage les corps dans d’autres modalités d’être et les confrontent à interroger la manière usuelle par laquelle ils pensent, agissent et ressentent.

Mais ce dispositif ne propose-t-il pas une consommation libérale du théâtre en offrant une petite fenêtre d’où apparait et disparait l’objet de désir ? Si je permets une autonomisation des émotions du spectateur, n’induis-je pas également l’isolement et l’absence total de partage ?

BIOGRAPHIE
Océane Lutzius est issue de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon parcours design d’espace. Basée sur la production de mobilier, décors, installations et de performances, le travail d’Océane se développe autour de la notion de spectaculaire : entre fiction et conceptualisation, elle interroge ce qui fait spectacle dans une salle de musée ou de représentation. En pratiquant la scène comme scénographe pour Duck-Billed Company et Tsemerys, metteuse en scène et comédienne au sein du collectif les Pieuvres, elle s’intéresse à l’intimité qui lie performeur.euse.s et spectateur.ice.s. Elle cherche à sortir le spectacle vivant de sa boite noire pour offrir une nouvelle qualité d’écoute et un nouveau regard à ceux qui le pratique. Depuis 2019 elle travaille sur « Confiné.e.s », un ensemble de micro-architectures explorant différents rapports scène-salle en espace publique dont Peeping box est un élément. Elle développe ses connaissances de l’espace publique en prenant part à différents événements lyonnais comme la fête de la lumière avec Tom Huet, la Biennale de la danse avec Jérôme Bel, la journée de la Douleur avec les Hospices Civiles de Lyon… Lauréate du Post-diplôme de Recherche et Création de l’ENSBAL, elle partage son temps entre ses recherches, sa pratique et l’enseignement.

MENTIONS

Océane Lutzius – Accueil en Résidence : Espace Artaud, Ville de Lyon 4
Avec la participation de Sara Andrieu, Hugues Calbrix, Salomé Chabouzy, Sonia Durand, Emilie Ferreira, et Anna Thirot.
Avec l’aide de Vincent Chantreuil, Jeanne Dura et Juliette Pierres.
Coproduction : ENSBA, CNSMDL, ENSATT et Cinéfabrique