Théâtre
DRESSING ROOM
Bissane Al Charif & Hala Omran
À la recherche d’une formule magique pour traverser la ménopause, autrement appelée “l’âge du désespoir”, Dressing Room aborde le temps qui passe avec humour et légèreté. Entre confidences et autodérision, cette performance théâtrale questionne le corps féminin et sa mémoire, en faisant émerger des trajectoires de vie marquées par l’exil, la guerre et les bouleversements sociaux.
À travers les récits intimes de femmes issues de différents pays arabes, Dressing Room fait dialoguer les rides, les souvenirs et l’histoire collective. Portée par l’actrice et chanteuse Hala Omran, la pièce mêle parole, chant et émotion pour faire émerger des trajectoires de vie marquées par l’exil, la guerre et les bouleversements sociaux. Sous la mise en scène sensible de Bissane Al Charif, scénographe et artiste pluridisciplinaire syrienne, cette création devient un espace de résistance poétique, où les corps racontent ce que les mots peinent parfois à dire.
Biographie
Bissane Al Charif
Née à Paris en 1977, elle a étudié l’architecture à Damas puis la scénographie à Nantes. Depuis 2006, elle conçoit scénographies et costumes pour le théâtre et l’opéra. Installée en France depuis 2012, elle signe la scénographie de plusieurs pièces, dont Alors que j’attendais (Festival d’Avignon, 2017), The Factory (Volksbühne, Berlin, 2018), Women @ Point Zero (Festival d’Aix-en-Provence, 2019), Temporary People (NYU Abu Dhabi, 2022), Fear, lauréat du prix Nöjesguiden de Göteborg (2025), en Suède.
En parallèle, elle développe une œuvre personnelle mêlant son, vidéo et dessin, interrogeant la mémoire et l’identité. Mémoire(s) des Femmes (2015) donne la parole à des réfugiées syriennes, Sham (2016) ravive les sons de Damas, et Dans un jardin je suis entrée (2019) explore l’amour empêché par la guerre. Sa vidéo Skin-To-Skin (2023) aborde la maternité en exil.
En 2024, elle expose Pianola au Palais de Tokyo. Dressing Room marque sa première mise en scène.
Hala Omran est une actrice et chanteuse franco-syrienne, diplômée de l’Institut Supérieur d’Arts Dramatiques de Damas en 1994. Elle se produit en arabe, en français et en anglais, et travaille entre théâtre, cinéma et musique.
Au cinéma, elle joue notamment dans Sacrifices d’Oussama Mohammad, La Porte du Soleil de Yousry Nasrallah et Sous le Toit de Nidal Dibs.
Au théâtre, elle interprète notamment Nina dans La Mouette, Andromaque dans Andromaque, Œnone dans Phèdre, Dora dans Les Justes, Blanche DuBois dans Un tramway nommé Désir, Médée dans IMEDEA, et Reem dans Two Palestinians Go Dogging.
Elle a collaboré avec divers metteurs en scène et chorégraphes, parmi lesquels Pascal Rambert (Gilgamesh), David Bobée (Roméo et Juliette), Mehdi Dehbi (Les Justes), Amal Omran (Une Saison en Enfer), Jean-Christophe Saïs (Andromaque), Marcel Bozonnet (Baïbars), Sulayman Al Bassam (Mute, UR, IMEDEA), Omar El Erian (Two Palestinians Go Dogging, Bengal Tiger at the Baghdad Zoo), Ali Chahrour (May He Rise and Smell the Fragrance, Night, As Told by My Mother), entre autres.
Elle collabore également en musique avec Moneim Adwan (Rythmes de la Révolution), Abed Kobeissy et Ali Hout (The Failaka Sessions).
Elle est aussi traductrice de poésie et de théâtre, entre arabe, français et anglais, notamment Les Petites Chambres de Wael Kaddour (en collaboration avec Wissam Arbache) et Mute de Sulayman Al Bassam.
Elle a été lauréate à quatre reprises du prix de la Meilleure Actrice aux Journées Théâtrales de Carthage et au Festival International du Théâtre du Caire pour ses performances dans IMEDEA et Mute, et a été nommée au Gilder/Coigner International Theatre Award en 2023.
Waël Ali
Écrivain et metteur en scène.
Diplômé de l’Institut supérieur des arts de la scène de Damas, il poursuit sa formation en France, à Lyon, où il obtient un Master II en arts du spectacle à l’Université Lumière Lyon 2.
En 2014, il écrit et met en scène Je ne m’en souviens plus, suivi de Titre provisoire en 2016, puis de Sous un ciel bas en 2019 – une trilogie consacrée aux liens entre théâtre et guerre. Il met ensuite en scène Simple formalité en 2020, puis Pianola en 2021, un spectacle-atelier autour des prophéties entre les deux rives de la Méditerranée.
Depuis 2023, il travaille sur Prova, un projet mené en collaboration avec Simon Dubois, visant à reconstituer un spectacle joué en 1990 dans une prison politique en Syrie, à partir des souvenirs des anciens comédiens de la troupe théâtrale constituée en prison.
Distribution & mentions
Texte : Co-écriture
Mise en scène : Bissane Al-Charif
Avec : Hala Omran
Dramaturgie : Wael Ali
Traduction en anglais : Jumana Al Yasiri
Traduction en français : Safa Sahnoun
Remerciements à : Nawel, Randa, Maiada, Minha, Dalal, Souad, Nayla, Sylviane et Jacqueline pour leurs précieuses contributions.
Soutenu par :
The Arab Fund for Arts and Culture – AFAC, Ettijahat—Independent Culture, Culture Resource (Al-Mawred Al-Thaqafy).
La première résidence pour ce travail a été organisée en collaboration avec KARAKIB, Lyon, France, la deuxième résidence a été organisée en collaboration avec Les Rencontres à l’échelle, Marseille, France.