Danse
Os
Youness Aboulakoul
OS est une traversée vibratoire avec le danseur Pep Garrigues, où l’OScillation permet la transformation et la réinvention de soi. Premier volet d’une trilogie, ce solo part de la métaphore du tissage pour faire surgir des gestes anciens, répétitifs, porteurs de mémoire. Le travail de vibration permet au danseur de réinvestir physiquement les espaces invisibles, agir sur ceux qui nous séparent pour mieux être au monde et se relier.
Note d’intention
Osciller, c’est se délier, glisser hors de l’axe, sentir le fil qui vibre entre tension et relâchement. Corps comme une trame mouvante, tissu de gestes en équilibre instable, chaque oscillation cherche l’autre, résonne avec l’espace, se défait pour mieux se retisser. OS est un souffle, un mouvement suspendu, une fibre qui se tend et se relâche, un passage entre le visible et l’invisible. L’oscillation est un désarmement, une manière de laisser tomber les résistances, d’accueillir la transformation.
Le tissage, mémoire et matière, traverse la peau. Corps comme métier à tisser, mémoire faite de fils, d’empreintes, d’héritages qui se nouent et se dénouent. Le geste se tisse dans le temps, entre passé et présent, fil tendu entre différents motifs et patterns dans la gigantesque toile de l’humanité. Chaque oscillation inscrit sa présence, son écho dans la trame vivante, toujours en devenir. Le fil ne cesse de se réinventer, se transformant à chaque croisement, comme l’humanité qui, dans son désir d’être, tisse et retisse son propre devenir. OS tisse cette vibration première, ce mouvement du monde inscrit dans la chair, entre mémoire et devenir, entre l’individu et le collectif. L’oscillation fait le lien entre passé et présent, comme un fil tendu entre deux temporalités. Mais le fil oscille aussi, glissant d’un motif à l’autre, traversant la toile infinie, façonnant chaque motif d’un geste vivant, fluide, qui ne cesse de se transformer. Le geste de tisser est un acte de transmission, mais aussi un passage, une évolution. Le fil, tendu dans cette grande toile humaine, se tend, se relâche, se tisse sans cesse, tout en inscrivant le lien entre l’histoire et le futur.
Biographie
Youness Aboulakoul est un artiste multidisciplinaire dont le travail s’étend à la danse, à la composition musicale et aux arts plastiques. Autodidacte dès son plus jeune âge, il découvre la danse hip-hop avant de pratiquer les danses traditionnelles marocaines au sein d’une troupe au complexe culturel Moulay Rachid à Casablanca. À 16 ans, il entame sa carrière d’interprète, collaborant avec des figures majeures de la scène contemporaine telles que Christian Rizzo, Olivier Dubois, Bernardo Montet, Ambra Senatore, Filipe Lourenço, Arnaud Saury, Youness Atbane, Incripacion, Konic Thtr, Khalid Benghrib et bien d’autres, au Maroc comme en Europe.
En décembre 2017, il fonde la Compagnie Ayoun, un espace pour explorer et développer son univers artistique. Il y crée son premier solo, Today is a Beautiful Day, en 2020, suivi de sa première pièce de groupe, Mille Miles, en 2022, et de AYTA en 2024, une œuvre pour six interprètes. Parallèlement à son travail chorégraphique, Youness Aboulakoul développe une pratique plastique et sonore qui prolonge ses recherches scéniques. Nourrie d’influences diverses, elle tisse des paysages sensoriels où le corps, le son et l’image se répondent.
Sa recherche, qualifiée d’architecture de l’Esthétique Métissée, célèbre la diversité et le pluriel dans l’abstraction. À partir de son ancrage et de son héritage personnel, elle franchit les frontières entre disciplines et cultures, ouvrant un dialogue entre le soi et le monde, entre héritage et contemporanéité.
Distribution & mentions
Concept, chorégraphie : Youness Aboulakoul
Pour et avec Pep Garrigues
Créateur lumières : Jean-François Desboeufs et Jéronimo Roé
Créateur sonore : Youness Aboulakoul
Costumes : Audrey Gendre
Administration-production : Saül Dovin
Production/Diffusion : Claire Sanmarty
Coproducteurs : Les Subs, Pôle Sud CDCN Strasbourg, CCN Tours, CCN de Grenoble, Théâtre Louis Aragon, Tremblay-en-France, Institut français du Maroc
Avec le soutien du CENTQUATRE-PARIS et de KLAP Marseille