Anitya
L’impermanence
Inbal Ben Haim
Création 21 novembre 2025 au Cirque Théâtre D’Elbeuf #Cirque #ArtsVisuels
Se rappeler l’impermanence de toute chose (« Anitya » en sanskrit) est l’un des principes fondateurs de la philosophie bouddhiste. Pour Inbal Ben Haim, cette notion qui résonne dramatiquement avec le chaos de notre époque, est une invitation à ne pas céder au renoncement.
Anitya – L’impermanence est une performance circassienne et visuelle, un solo participatif qui invite à réfléchir sur l’état éphémère du monde. Elle nous propose de rencontrer intimement le mouvement duel de destruction et reconstruction, tout en interrogeant les possibilités d’une recomposition collective après le chaos.
Comme dans le langage du cirque visuel d’Inbal Ben Haim, la poésie surgit directement de la matière. Des nuées de fils entrelacés composent une scénographie monumentale, empreinte d’une beauté surréaliste qui vibre dans l’espace. À la fois organique et tactile, cette sculpture, habitée par l’artiste en mouvement, disparaît sous nos yeux et entre nos mains. Elle laisse place à un vide ontologique qu’il va falloir combler collectivement. Que ressentir face à cette destruction, à la fois spectaculaire et déstabilisante, satisfaisante et terrible ?
Artiste et public ensemble font groupe pour accomplir une action qui nous dépasse. Ce « solo à plusieurs » constitue une expérience révélatrice de la puissance créatrice de la nature tout comme l’âme humaine.
Dossier artistique Dossier artistique
Biographie
Née à Jérusalem, Inbal Ben Haim développe un double parcours dans les arts visuels et l’art du mouvement. Elle découvre le cirque aérien à l’âge de 13 ans au Free Dome Project, puis au Cirque Shabazy, où elle appréhende un espace d’expression corporelle qui la touche profondément.
Après son service civil en Israël, où elle développe une pédagogie de cirque adaptée aux jeunes en difficultés, Inbal Ben Haim quitte sa terre natale et s’installe en France en 2013. Ici, elle approfondit sa recherche et son langage au sein d’écoles de cirque (Piste d’Azur, Centre National des Arts du Cirque à Châlons-en-Champagne) et à travers des rencontres artistiques importantes comme la compagnie Archaos, Cie Lunatic, Mathurin Bolze et autres.
En 2018, elle co-crée le spectacle RACINE(S) avec l’Attraction Compagnie. Sa deuxième création – PLI, avec Domitille Martin et Alexis Mérat – est lauréate Circusnext 2020-2021 et accompagnée par les Subs en production déléguée. Entre 2022 et 2024, PLI rencontrera un grand succès avec 70 représentations en France et à l’international. Inbal Ben Haim était artiste associée au CCN2 de Grenoble de 2020 à 2022, et à Circusnext en 2024- 2025.
Elle fait partie du collectif Maison Courbe avec Nina Harper, Léo Manipoud, Kamma Rosenbeck et Domitille Martin. Ensemble ils sont collectif associé au TMG – Grenoble.
Spécialisée dans la corde verticale, Inbal Ben Haim tisse un rapport unique entre corps et matière, en cherchant toujours une poésie visuelle. Son langage artistique se situe à la rencontre du corps, de l’espace et de la matière, entre l’intime et le spectaculaire, l’ici et l’ailleurs.
Note d’intention
« RIEN NE SE PERD, RIEN NE SE CRֹÉE, TOUT SE TRANSFORME »
(Antoine Lavoisier, physicien du 18ème siècle)
Que nous racontent ces mots d’Antoine Lavoisier de notre époque post-moderniste où la course à l’innovation ne rivalise qu’avec la capacité humaine à déconstruire ses propres appuis ? Comment trouvons-nous l’équilibre dans ce mouvement de construction et de destruction constante ? Comment l’observons-nous ? Comment faisons-nous partie de ces mouvements ?
Aussi loin que je me souvienne, les processus de démantèlement et de reconstruction me fascinent. Est-ce parce que j’ai grandi dans une famille décomposée et recomposée, ou à cause de l’exil et de l’immigration que j’ai vécus il y a 15 ans ? Peut-être est-ce la banalité d’un cœur brisé, ou les nombreuses blessures que j’ai connues en tant que circassienne ? Ou bien est-ce parce que j’ai grandi dans une région du monde où la guerre est si présente, où la violence et le renouveau sont des ingrédients entrelacés, familiers, et où l’impermanence berce le mouvement quotidien de la vie.
Déconstruire pour reconstruire ce que je connais ou ce que j’ignore. Comme face à une horloge, une machine ou un puzzle : déconstruire pour observer, pour apprendre le mécanisme, puis essayer de rassembler les pièces afin de renforcer les joints. Parfois, cela fonctionne comme prévu ; d’autres fois, je reste face à des débris morcelés, sans aucune logique pour m’aider à recomposer l’image.
Aujourd’hui, comme depuis toujours, être au monde signifie se trouver face à la destruction, à la disparition et à la perte. Être vivant, c’est également construire son chemin, se confronter à la plus grande beauté, incarnée dans les éclats fragiles et brillants de la vie. Construire et détruire — parfois consciemment, parfois malgré nous — cette dualité, absurde et emblématique, fait partie du paradoxe humain éternel. Elle nous questionne plus intensément face aux transformations actuelles d’un monde empreint de crises climatiques, politiques, personnelles et sociétales.
Que reste-t-il après la déconstruction ? Comment combler ce vide et que faire avec les restes ? Cette création est une invitation à toucher avec sensibilité les débris, à nommer ensemble le démantèlement dans lequel nous sommes plongés, et à la fois tirer un fil d’espoir, à se mobiliser pour une action poétique commune en se rappelant de la loi de la conservation de la masse de Lavoisier, qui assure que, dans un système, la matière ne peut pas disparaître ou apparaître, se perdre ou se créer, mais seulement – et constamment – changer de forme.
Anitya signifie « non-éternité » ou, plus généralement, l’impermanence. C’est l’apparition, le passage, la transformation ou la disparition des choses qui ont commencé à être ou qui sont apparues. Cela signifie que ces choses ne persistent jamais de la même façon ; elles disparaissent et se dissolvent à tout moment. Face à l’époque que nous traversons, où la déconstruction est omniprésente, la perspective de la métamorphose nous offre ne serait-ce qu’une lueur d’espoir.
Dans la lignée de mes précédentes créations, PLI et Racine(s), Anitya – L’impermanence se situe au croisement du cirque et des arts visuels. Le rapport à la matière, sa question de prédilection, m’amène à revenir à mon agrès d’origine : la corde. Je m’attache ici à la déconstruire, métaphoriquement et physiquement, pour revenir au fil, ce fil qui nous tient, qui nous lie, ou qui érige nos barrières. Le fil comme une ligne simple, capable de tout bâtir.
Là où la suspension aérienne rencontre l’art du tricotage et du détricotage, la ligne devient forme, texture, espace… Une scénographie monumentale qui finit par retourner au vide. Seule en scène cette fois, je place néanmoins le public au cœur de l’œuvre : les spectateurs ne sont plus de simples témoins, mais des acteurs de la relation corps-matière-espace. À travers un dispositif participatif, la scénographie se métamorphose sous l’effort collectif, où l’acte de déconstruire ensemble devient le socle d’une nouvelle reconstruction commune.
Puisant mes inspirations chez l’artiste japonaise Chiharu Shiota, la poétesse polonaise Wisława Szymborska, l’écrivain palestinien Mahmoud Darwish ou le poète israélien Tal Kulikovski, je tends un miroir sensible et tranchant à notre actualité. Je souhaite inviter le public à observer le monde poétiquement, tout en nous confrontant à cette question essentielle : que fait-on maintenant ?
Tournée 2025-2026
21 & 22 novembre 2025 : LE CIRQUE THÉÂTRE D’ELBEUF (création)
31 janvier 2026 : LE THÉÂTRE DE RUNGIS, en partenariat avec circusnext
6 & 7 février 2026 : L’ENTRE2 BIAC, Marseille
11 & 12 février 2026 : LE THÉÂTRE DE NÎMES
25 & 26 février 2026 : TMG – GRENOBLE
10 & 11 mars 2026 : LE GRAND R, Scène nationale de la Roche-sur-Yon
14 & 16 mars 2026 : MOULIN DU ROC, Scène nationale de Niort
Du 19 au 21 mars 2026 : SCÈNE NATIONALE D’ORLÉANS
Du 25 & 28 mars 2026 : LES SUBS, Lyon, dans le cadre du Festival Transforme / Fondation d’entreprise Hermès
Du 15 au 17 mai 2026 : FESTIVAL RUHRFESTSPIELE, Recklinghausen, Allemagne
Du 28 au 30 mai 2026 : THÉÂTRE DE LA CITÉ INTERNATIONALE, Paris
Du 3 au 5 juin 2026 : THÉÂTRE NATIONAL DE BRETAGNE, Rennes, dans le cadre du Festival Transforme / Fondation d’entreprise Hermès
Distribution & mentions
Autrice, circassienne et conception scénographie : Inbal Ben Haim
Assistantes à la mise en scène : Hristina Sormaz et Isaure Jacques
Dramaturge : Samuel Vittoz
Regards extérieurs chorégraphiques : Kitt Johnson, Vania Vaneau, Jordi Gali
Régisseur général : Théo Vacheron
Créateur sonore : Nova Materia
Créatrice lumière : Louise Rustan
Régisseur son : Geoffroy Daguet
Costumière : Lucie Milvoy
Crédits photos : Les Flous Furieux, Isaure Jacques, Loïc Nys
Production déléguée : Les SUBS, Lyon – avec le soutien de la Fondation d’Entreprise Hermès
Coproductions : Les SUBS, circusnext (avec le soutien de la Fondation de France), Le Théâtre de Rungis, UTOPISTES – Cité Internationale des Arts du Cirque, Le Théâtre d’Arles, Le Plongeoir – Cité du Cirque, Pôle National Cirque Le Mans Sarthe Pays de la Loire, Théâtre de Nîmes, Scène Conventionnée d’intérêt national – Art et Création – Danse Contemporaine, La Plateforme 2 Pôles Cirque en Normandie | La Brèche à Cherbourg – Cirque-Théâtre d’Elbeuf, ARCHAOS Pôle National Cirque Méditerranée, Marseille
Avec le soutien de :
DGCA – Aide nationale à la création pour les arts du cirque
DRAC Auvergne-Rhône-Alpes
ARTCENA – Écrire pour le cirque
Réseau CIRQ’AURA
Remerciements : École de Cirque Turbul’, Collectif Maison Courbe, Hug Omanut