Biographie
Je suis née à Belém do Pará, dans l’Amazonie brésilienne, j’étais bercée dans les hamacs et j’ai grandi suspendue aux arbres de Salvador,
Bahia. L’océan Atlantique m’a baigné depuis ma naissance jusqu’à mon âge adulte, quand je décide de le traverser pour donner
continuité à cette passion par la suspension, en allant étudier du trapèze ballant à l’Ecole Supérieure des Arts du Cirque (ESAC) en
Belgique. Aujourd’hui, parce que je ne crois pas à la linéarité mais plutôt à la spiralité du temps, je reviens à la matière première de la
suspension des hamacs, cette technologie ancestrale contrecoloniale de notre continent Abya Yala.
Mon défis en tant qu’artiste-auteure et trapéziste est de réinventer le cirque aérien à partir des agrès inédits et organiques fabriqués à
partir d’une broméliacée nommée caroá, dans une communauté marronne du Nordeste brésilien, savoir-faire qui se perd à vu d’oeil, et
raconter à partir de la suspension nos profondeurs ancestrales.
Inspirée du livre Non-noyées : Leçons féministes noires apprises auprès des mammifères marins de l’écrivaine Alexis Pauline Gumbs, la pièce de Maïra de Oliveira Aggio mêle cirque aérien, performance et musique live autour d’agrès organiques issus de savoir-faire brésiliens. En écho à la diaspora africaine qui s’est formée autour de l’océan Atlantique du fait de la traite négrière, elle convoque la mémoire des mammifères marins, interroge nos liens au vivant, à la mémoire coloniale et nous invite à la suspension et à la réparation.
Hamacs, suspensions et hamac-baleine deviennent des espaces de transmission et de résistance. Dans ce paysage en apnée, le plateau explore la mémoire transatlantique de la traite négrière, les traumatismes hérités et les gestes de guérison collective. Respirer n’y est plus un acte individuel, mais une expérience partagée, traversée par les mammifères marines, les corps en suspension et les récits enfouis.