Pierre Cartonnet et Julien Lepreux

Bru(i)t

Danse / Cirque / Théâtre / Création

Ce spectacle est présenté dans le cadre de Never Complain Never Explain

Comment nous définissons-nous face aux autres ? Notre existence a-t-elle un sens si les autres n’en perçoivent pas l’écho ? Un homme, lutte pour se faire entendre. Exister, c’est tout ce qu’il recherche. Entravé par des imprévus, il tente de dompter les bruits parasites de son micro pour s’affirmer, prendre la parole face au public. Grâce à d’ingénieux procédés techniques, le personnage se joue du son lorsque ce n’est pas le son qui se joue de lui. En mêlant composition sonore et performance burlesque, Bru(i)t proclame l’urgence de se faire entendre dans une société où le culte de la réussite individuelle est assourdissant.

Conception et mise en scène : Pierre Cartonnet et Julien Lepreux
Interprétation : Pierre Cartonnet
Création son et régie son : Julien Lepreux
Conseillés artistique : Sébastien Amblard, Chloé Cartonnet
Régie générale et lumière : Frédéric Stoll

Co-production : Les Subsistances, Théâtre du Zeppelin (st André-lez-lille)

Partenaires : Le Prato (Lille), Théâtre de la nouvelle Digue (Toulouse), Compagnie Dernière Minute (Toulouse), Festival Spring (Théâtre de Coutance)

Bru(i)t sous-tend une réflexion sur la nature du bruit. Les bruits extérieurs que nous connaissons sous différentes formes, et les bruits « intérieurs », qui ont souvent besoin d’être révélés et entendus. Pour cadrer cette recherche, nous avons décidé de nous restreindre à l’étude des processus d’amplification. En premier lieu l’amplification physique et sonore rendue possible grâce à un dispositif technique (microphones, câbles, enceintes.

En second lieu l’amplification réthorique, forme d’exagération d’un sujet par le langage et la gestuelle. Le besoin d’être entendu est inhérent à la société moderne. Savoir parler de soi est un atout indispensable, que ce soit dans la sphère personnelle ou professionnelle. Dans une société où le culte de l’émancipation et de la réussite individuelle
est omniprésent être soi même peut alors devenir une course à la performance. Par ambition nous sommes parfois amenés à nous définir en fonction de nos besoins, à
amplifier nos compétences, quitte à mettre en avant ce que nous ne sommes pas. Parler de soi nous amène à devenir un autre. Et savoir être un autre tout en restant soi-même,
c’est aussi la question que se pose l’acteur.

Pierre Cartonnet, comédien et circassien incarne parfaitement ce personnage épris de doutes. Sa physicalité, mais aussi sa maîtrise du burlesque sont les atouts qui vont permettre de donner à voir et à entendre toute la richesse dramaturgique d’une situation très simple, qui sera finalement la trame de Bru(i)t en tant qu’objet théâtral :
Un homme, seul en scène, lutte pour se faire entendre. En voulant amplifier sa voix, il fait finalement surgir tous les bruits contenus à l’intérieur de lui.
Ces bruits envahissent l’espace comme des bêtes sauvages. Progressivement, la frontière entre le vrai et le faux Pierre Cartonnet devient trouble…
Deux solutions vont s’offrir à lui : Dompter ces bruits et assumer ce qu’il est dans toute sa complexité, ou bien tout débrancher.

Pierre Cartonnet découvre les Arts du cirque à travers la pratique du jonglage, puis rentre à l’Ecole Nationale de Cirque de Rosny Sous-Bois où il se spécialise en mât
chinois (2000 – 2002). Il y étudie également la danse, le jeu d’acteur et le clown. Par la suite c’est le théâtre qui prend une place importante dans ses aspirations. Il est reçu à l’Ecole Professionnelle Supérieure d’Art Dramatique de Lille. Il y étudie le théâtre de texte et les grands auteurs sous la direction notamment de Stuart Seide au du Théâtre du
Nord (2003-2004). De 2005 à 2012, il intègre la Cie111/Aurélien Bory pour un travail aux frontières du cirque, du théâtre, et de la manipulation d’objet. S’en suivent les tournées des spectacles internationalement connus : PlanB, + ou – l’infini, Sans Objet, et Géométrie de Caoutchouc. Parallèlement il est engagé sur différentes créations et pièces de théâtre notamment avec Françoise Delrue sur Haarman de Marius Von Mayenburg et sur And Bjork of Course de Thorvaldur Thorsteinsson (2007 – 2009). Il fait ensuite la rencontre du metteur en scène David Bobée avec qui il enchaine depuis les projets et les tournées : Gilles (2009), Hamlet (2010), Roméo et Juliette (2012), puis Lucrèce Borgia (2015) où il partage l’affiche aux côtés de Béatrice Dalle. Il collabore aussi avec le chorégraphe Pierre Rigal qui lui propose un sujet à vif pour le festival d’Avignon 2013 aux côtés du percussionniste Hassan Razak, la création du spectacle Bataille voit le jour. Deuxième création avec Pierre Rigal, plus récemment, sous le nom de Même dont les premières ont eu lieu au festival Montpellier danse 2016. Parallèlement à la scène Pierre Cartonnet joue également à l’écran, notamment dans la série Agatha Christie sur France 2, La vie devant elles sur France 3, et divers courts métrages. Il est remarqué notamment pour son rôle dans Sylvain Colin : portrait d’un réalisateur singulier pour lequel il reçoit un prix d’interprétation au Festival du court- métrage Welcome To 2014.

Julien Lepreux est un auteur-compositeur et producteur français né le 07 novembre 1981 à Angoulême. Après des études de cinéma et un parcours oscillant
entre métiers de l’audiovisuel et projets musicaux au sein du collectif Terra Incognita, Julien Lepreux signe un contrat d’artiste avec le producteur Olivier Chanut. En 2004, Il se consacre pleinement à la musique, notamment dans différents groupes avec les musiciens Malik Djoudi et Gwen Drapeau (Moon Pallas, Alan Cock, Kim Tim). En 2007, il rencontre le metteur en scène Pierre Rigal avec lequel il travaille sur plusieurs pièces en tant que compositeur et régisseur son : Asphalte (crée en 2009 à la maison de la danse de Lyon, Théâtre des opérations créée au LG Art center de Séoul en 2012, Bataille (Avignon 2013 dans le cadre des « sujets à vif »), Paradis lapsus, Scandale, Fugue mais aussi plus globalement en tant que performer : Micro (créé à Londres en 2009), Même, Conversation augmentée, Merveille (en co-production avec l’Opéra de Paris fin 2018…) Il compose également la musique de plusieurs pièces chorégraphiques d’Emmanuel Eggermont (dont Strange fruit (2015) Polis (2017) la méthode des phosphènes (2018) puis Aberration (2019). Ce travail lui permet d’affirmer pleinement son approche musicale : Créer une musique progressive, voir « hallucinatoire » qui surgit toujours d’un fond sonore bruitiste et se développe dans une spatialisation très large. En 2018-2019, il co-produit les premiers albums des groupes Pølar Moon et Micro-Réalité. Il compose également la musique de la pièce Dos au mur avec le collectif de danse hip-hop Yeah Yellow !.