Phia Ménard / Compagnie Non Nova

Contes Immoraux Partie 1 : Maison Mère

Cirque / Performance

Ce spectacle est présenté dans le cadre du festival Livraisons d’été.

Première partie d’une trilogie baptisée Contes Immoraux, Maison Mère a été créée en 2017 pour la Documenta 14 à Kassel (Allemagne). Suivront deux performances, Temple Père et La Rencontre Interdite, à l’horizon 2019.

Dans ce premier volet, Phia Ménard s’inspire du Parthénon athénien et construit, seule en scène, une maison protectrice pour l’Europe. Au-dessus de l’édifice en carton, flotte un nuage menaçant qui se transforme en une pluie diluvienne, détruisant la bâtisse sur son passage en dépit de tous les efforts fournis pour la sauver. Dans cette métaphore édifiante d’une Europe sans cesse en reconstruction, la performeuse embrasse une fois de plus la matière et interroge les capacités ainsi que les limites du corps dans une proposition physiquement intense où l’équilibre des forces en présence est le maître mot. Par ce geste symbolique (et politique), Phia Ménard convoque également les tentes des réfugiés, qui se sont multipliées en Europe ces dernières années.

Plus d’information : cienonnova.com

Une soirée organisée en complicité avec le Festival utoPistes 2019

Écriture et dramaturgie : Phia MENARD et Jean-Luc BEAUJAULT

Scénographie : Phia MENARD

Interprétation : Phia MENARD

Composition sonore et régie son : Ivan ROUSSEL

Régie plateau : Pierre BLANCHET et Rodolphe THIBAUD

Costumes et accessoires : Fabrice Ilia LEROY

Photographies : Jean-Luc BEAUJAULT

Co-directrice, administratrice et chargée de diffusion : Claire MASSONNET

Régisseur général : Olivier GICQUIAUD

Chargée de production : Clarisse MEROT

Chargé de communication : Adrien POULARD

Attachée à la diffusion : Anaïs ROBERT

Production : Compagnie Non Nova.

Coproduction : Documenta 14 – Kassel et Le Carré, Scène nationale et Centre d’Art contemporain de Château-Gontier.

La présentation de la performance dans le cadre de la Documenta 14 en juillet 2017 a été possible grâce au soutien de l’Institut Français et de la Ville de Nantes.

La Compagnie Non Nova – Phia Ménard est conventionnée et soutenue par l’État – Préfète de la région des Pays de la Loire – direction régionale des affaires culturelles, la Ville de Nantes, le Conseil Régional des Pays de la Loire et le Conseil Départemental de Loire-Atlantique. Elle reçoit le soutien de l’Institut Français et de la Fondation BNP Paribas.

La Compagnie Non Nova – Phia Ménard est artiste associée à l’Espace Malraux Scène nationale de Chambéry et de la Savoie et au TNB, Centre Européen Théâtral et Chorégraphique de Rennes.

Premier Conte : La Maison-Mère – création 2017

Afin que les troupes Alliées contre l’Axe puissent engager leurs troupes sur le sol européen, la stratégie du tapis de bombes fut pour toute l’Europe occidentale un drame humain sans précédent. Des villes entières furent détruites, ensevelissant leurs habitants. Mon grand-père maternel fut de ces victimes lors des bombardements de la ville de Nantes en septembre 1943. Dans mon enfance, l’image d’une bombe n’avait pas de réalité dramatique, mais comme pour tout enfant, une certaine forme de fantasme. Ce n’est qu’en réalisant, bien plus tard, que nous n’allions pas honorer une tombe pour mon grand-père mais une fosse commune ,que je réalisai l’infamie de la bombe. Peut-être est-ce à ce moment-là que mon esprit percuta sur le nom du « plan Marshall » de reconstruction de l’Europe. Organiser une destruction et gérer la reconstruction suivant un modèle de maison préfabriquée et d’une réécriture de l’amènagement urbain.

Bâtir un village « Marshall » en carton sur mesure, comme on monte une série de tentes pour des réfugiés. Ici, juste au-dessous d’un nuage qui ne semble pas si menaçant. Simple geste répété comme un robot. Etaler, tracer, couper, assembler, poser, puis recommencer encore. Tout semble parfait si ce n’est ce nuage qui semble s’épaissir et s’assombrir. Peut-être, un éclair, une légère brise, puis enfin une série de grosses gouttes, puis une pluie, voire peut-être même des trombes d’eau ! Le village Marshall s’effondre malgré l’énergie déployée pour le sauver. C’est une bouillie, mélasse dans laquelle les corps sont noyés…

Phia Ménard

Compagnie Non Nova

Fondée en 1998 par Phia Ménard avec l’envie de porter un regard différent sur l’appréhension de la jonglerie, de son traitement scénique et dramaturgique. « Non nova, sed nove » (Nous n’inventons rien, nous le voyons différemment) en est un précepte fondateur.

Elle regroupe autour de ses projets pluridisciplinaires des artistes, techniciens, penseurs d’horizons et d’expériences divers. Ce n’est pas un collectif mais une équipe professionnelle dont la direction artistique est assurée par Phia Ménard.

A ce jour, les spectacles de la Compagnie Non Nova ont été joués en Afrique du Sud, Allemagne, Argentine, Autriche, Belgique, Bénin, Brésil, Bulgarie, Burkina Faso, Burundi, Canada, Cap Vert, Chili, Chine, Colombie, Corée du Sud, Croatie, Danemark, Emirat du Bruneï, Emirats Arabes Unis, Equateur, Espagne, Etats-Unis, Fédération de Russie, Finlande, France, Grèce, Haïti, Hong Kong, Hongrie, Indonésie, Irlande, Italie, Japon, Jordanie, Kosovo, l’Ile Maurice, Liban, Madagascar, Mali, Mexique, Namibie, Niger, Nigéria, Royaume-Uni, Sénégal, Slovaquie, Suède, Suisse, Taïwan, Thaïlande, Togo, Uruguay, Yémen.

Phia Ménard

C’est en découvrant le spectacle Extraballe de Jérôme Thomas en 1991 que naît chez Phia Ménard le désir de se former aux arts et en particulier à la jonglerie.  Elle suit des formations en danse contemporaine, en mime et en jeu d’acteur et bien sûr en jonglerie. Dès 1994, elle étudie auprès du maître Jérôme Thomas, les techniques de jonglerie et de composition, puis intègre la compagnie comme interprète pour la création Hic Hoc. C’est en parcourant les continents avec cette équipe qu’elle nourrit dans les rencontres son désir d’écrire et aiguise son regard sur les formes contemporaines de l’art. Artiste, improvisatrice, elle est créatrice dans plusieurs spectacles de la compagnie jusqu’en 2003 : Le socle, le Banquet, Hioc, 4, qu’on en finisse une bonne fois pour toutes... Parallèlement, en 1997, elle suit les enseignements de « la pratique du danseur » et interprète deux pièces courtes des chorégraphes Hervé Diasnas et Valérie Lamielle.

Elle fonde la Compagnie Non Nova en 1998 et crée Le Grain. C’est avec le solo Ascenseur, fantasmagorie pour élever les gens et les fardeaux, créé en 2001, qu’elle se fera connaître comme auteure. Soutenue pour sa démarche singulière, elle est invitée comme « artiste associée » pour trois saisons à la scène nationale Le Carré à Château-Gontier. Elle y développe avec son équipe et celle de la scène nationale, un travail scénique où l’image spectaculaire de la jonglerie est remise en cause au bénéfice d’une nouvelle relation avec le public. Naissent ainsi plusieurs créations et évènements : Zapptime, rêve éveillé d’un zappeur, la conférence spectacle Jongleur pas confondre avec le sociologue Jean-Michel Guy, Fresque et Sketches 2nd round, et les Hors Pistes. En 2005 et 2007, elle développe un travail autour de la notion d’injonglabilité et crée deux pièces, Zapptime#Remix et Doggy Bag et deux formes cabaret, Jules for ever et Touch It avec le sextet Frasques.

En 2008, son parcours artistique prend une nouvelle direction avec le projet « I.C.E. » pour Injonglabilité Complémentaire des Eléments, ayant pour objet l’étude des imaginaires de la transformation et de l’érosion au travers de matériaux naturels. En janvier 2008, elle crée le spectacle P.P.P. aux Nouvelles Subsistances de Lyon, première Pièce du cycle des Pièces de Glace. En octobre de la même année, création de la performance L’après-midi d’un foehn Version 1, première des Pièces du Vent au Muséum d’Histoire Naturelle de Nantes.
Elle collabore au projet Coyote Pizza du collectif La Valise en réalisant la performance Iceman.

En 2010, à l’invitation du Festival d’Avignon et de la SACD pour les « Sujets à Vif », elle crée avec le poète sonore Anne-James Chaton la performance Black Monodie, second opus des Pièces de Glace.

En octobre 2011, elle crée deux nouvelles Pièces du Vent : L’après-midi d’un foehn et VORTEX.

Elle a initié au CIFAS à Bruxelles (Centre International de Formation en Arts de la Scène), avec le philosophe Paul B. Preciado : In the Mood, un travail sur les questions de Genre et les Humeurs.

En janvier 2014, elle est promue au grade de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par Madame la Ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti.

Elle devient artiste associée à l’Espace Malraux Scène Nationale de Chambéry et de la Savoie.

En 2015, elle devient artiste associée au Théâtre Nouvelle Génération – Centre Dramatique National de Lyon et artiste-compagnon au centre chorégraphique national de Caen en Normandie pour les années 2016, 2017 et 2018.

Elle crée en Juin 2015 Belle d’Hier au Festival Montpellier Danse 2015 à l’Opéra Comédie, première pièce des Pièces de l’Eau et de la Vapeur.

En 2016, elle commence les recherches sur Les Os Noirs (création 2017), Saison Sèche (création 2018), et Contes immoraux, une commande de la documenta 14.

En 2017, elle crée Contes Immoraux – Partie 1 : Maison Mère à la documenta 14 à Kassel (juillet), et Les Os Noirs à l’Espace Malraux, scène nationale de Chambéry et de la Savoie (septembre).

En 2018, elle met en scène Et in Arcadia Ego à l’Opéra-Comique de Paris avec Christophe Rousset, fondateur de l’ensemble musical baroque Les Talens Lyriques, et l’écrivain Eric Reinhardt pour l’écriture du livret. Sa pièce Saison Sèche, Pièce de l’eau, co-écrite avec Jean-Luc Beaujault est créée en juillet au Festival d’Avignon.