Party en exil – Lyon #1

Lancement de saison

Dance party / Performance / Musique Live

Tala Lelo (Regarde aujourd’hui)
Performance déambulatoire de Yannos Majestikos* pour 5 interprètes
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Concert électro-chaâbi de Wael Alkak

La rentrée s’annonce festive et engagée ! Autour d’un verre, venez découvrir les événements qui rythmeront cette saison Automne-Hiver 19/20. Puis place à deux artistes hors du commun. Comme son nom ne l’indique pas, Yannos Majestikos vient de Kinshasa en République Démocratique du Congo. Plasticien et performeur, il signe des actions engagées dans l’espace public comme cette performance qu’il accomplira sous la Verrière avec des hommes-téléviseurs. Cette soirée à double détente se poursuivra sur le dancefloor de la Boulangerie avec le musicien syrien Wael Alkak, champion toute catégorie des télescopages entre musiques électroniques, rythmes traditionnels du Levant (chaâbi), chants populaires et hymnes révolutionnaires.

Party en exil est le premier épisode d’une série d’invitations que Les Subs imaginent avec l’Atelier des artistes en exil. Cette structure unique en son genre soutient plus de deux cent artistes du monde entier qui ont récemment trouvé refuge en France. Ils sont plasticiens, chorégraphes, danseurs, metteurs en scène et ont quitté un pays où ils étaient menacés. Leurs œuvres sont des témoignages vivants et percutants des migrations artistiques contemporaines.

*Yannos Majestikos est accueilli en résidence aux Subs en partenariat avec l’ENSBA – Lyon et Res Publica.

Performance déambulatoire de Yannos Majestikos

TALA LELO met en scène des hommes TV, qui portent des moniteurs cathodiques en guise de tête. Les écrans diffusent les portraits et les discours des grands de ce monde qui ont orchestré l’histoire de l’ex-Zaïre et de sa décolonisation (les rois Léopold III et Baudoin, Patrice Lumumba, Joseph Mubutu, Ernesto Che Guevara, Laurent-Désiré Kabila). Il s’agit, à l’aune des pages cruciales de la mémoire de la République Démocratique du Congo, de mettre en lumière les raisons de la crise identitaire qui frappe le pays. La chorégraphie des performeurs aux grosses têtes propose un mixage aléatoire, mettant en relief ces mots qui ont décidé de la vie d’un peuple et fait couper des têtes. Ce sont leurs têtes qui aujourd’hui sont coupées et confrontées à leurs propres discours. La juxtaposition des portraits d’hommes blanc portés par les corps noirs des performeurs et son contraire vise à souligner que le comportement d’un homme n’est pas assigné à sa couleur de peau (Noirs et Blancs peuvent à tout instant intervertir leurs rôles). L’utilisation de la TV pour l’artiste, renvoie à l’importance qu’elle a eue pour lui, enfant — son père était électronicien — c’est en la regardant qu’il a découvert le portrait et l’existence des « grosses têtes ».

Né en 1988 à Kinshasa en République Démocratique du Congo, Yannos Majestikos est plasticien et performeur. Diplômé en architecture intérieure des Beaux-Arts de Kinshasa, il crée dessins et sculptures, fonde le collectif Sakana Na Art, signe des performances engagées dans l’espace public dès 2012 (Super Ekolo), participe à des expositions et à des films. Lauréat 2018 du Visa pour la création (arts de la rue) de l’Institut français, en résidence à la Cité internationale des arts, il choisit de s’installer en France. Il participe à Chronique Kinshasa au Miam à Sète avec son projet Sapekologie Téléportation, se produit à Paris et à Bruxelles.

Concert d’électro chaâbi

Wael Alkak, musicien syrien, compose une musique électronique qui fusionne les genres. Opérant un travail de mémoire sur la culture syrienne, il mixe sur scène ses projets Neshama (2012) et Men Zaman (2017) avec de nouvelles compositions électroniques. Ses performances – mélange de rythmes traditionnels du Levant (chaâbi), de chants populaires, de musique électronique et d’improvisations live – laissent entendre la blessure de son peuple, tout en proposant un style inédit à la croisée des différentes cultures qu’il a rencontrées. Sons du synthétiseur et mélopées du buzuq mènent le public à la transe.

Né en 1982 à Damas en Syrie, Wael Alkak est diplômé du Conservatoire de Damas. Il s’initie à la musique populaire syrienne, pratique le buzuq, les percussions, le saxophone et le clavier, avant de s’initier à la composition digitale. Suite à sa participation aux manifestations pacifiques en Syrie en 2011, il compose Neshama, un projet collectif contemporain qui interprète des rythmes traditionnels en versions électroniques, combinant musique folklorique et arabe classique, à partir des hymnes révolutionnaires nés de la révolution pacifique. En France depuis 2012, il se produit en concert sur les grandes scènes européennes.