Julien Fournier / L’Habeas Corpus Compagnie

Burning (Je ne mourus pas et pourtant nulle vie ne demeura)

Cirque / Théâtre

Spectacle en co-réalisation avec le Festival Sens Interdits et Les Subsistances

Dans un monde où l’humain est devenu une marchandise, un homme lutte et résiste. Au croisement du cirque documentaire et de la poésie chorégraphique, Burning ouvre une réflexion sur notre condition humaine soumise aux injonctions productivistes de la société. Entremêlant habilement la puissance du corps, l’image et la voix pour aborder cette question si contemporaine du burn-out, le spectacle témoigne de la mécanique insidieuse de la souffrance au travail. Une plongée intense au cœur de l’épidémie des temps modernes.

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Julien Fournier, Auteur et interprète

Formé à la voltige, à la balançoire russe, au main-à-main et aux portés acrobatiques collectifs, Julien traverse les routes de France et d’Europe pendant plus de 10 ans sous le chapiteau rouge du Cirque Désaccordé, créé en 1997 avec sa promotion du CNAC. En 2009, il rejoint la Belgique et la Cie Feria Musica de Philippe de Coen, et participe à deux créations, Infudibulum et Sinué. Il fonde sa compagnie, l’Habeas Corpus Compagnie, en 2013 avec une première création en tant qu’auteur, REVERSO.

L’Habeas Corpus Compagnie

Créée en juillet 2012 par le circassien Julien Fournier, cette compagnie tire son nom de l’ordonnance anglaise habeas corpus qui, au Moyen-Age, garantit au citoyen de ne pas être emprisonné sans jugement. Habeas corpus, du latin «que tu aies le corps » (pour le présenter au juge), est de nos jours le droit fondamental à disposer de son corps (sous-entendu contre toute arrestation abusive) et, par déformation -c’est le sens qui nous intéresse ici-, le droit fondamental à disposer de son corps (tout court).

Cet énoncé faisant acte fondateur de la démarche artistique de la compagnie, il donne au corps une position centrale en tant que véhicule créateur d’expression, d’espace de liberté, de revendication, d’étrangeté et de beauté.

REVERSO, premier spectacle de la compagnie créé en 2013, posait les jalons d’une recherche circassienne qui questionne la notion de performance et tend vers plus d’expressivité. La narration s’y inventait à partir de parcours physiques en lien étroit avec la vidéo, pour jouer sur la duplicité, les miroirs, l’identité.

BURNING (je ne mourus pas et pourtant nulle vie ne demeura) poursuit cette démarche de création et l’ancre dans le réel à travers une thématique brûlante d’actualité. Au travail physique et plastique s’ajoute donc une dimension poétique et documentaire, à la recherche d’un cirque qui puisse être à la fois performant (autrement) et politique.

C’est à partir de réflexions sur son propre rapport au travail, ses limites et ses contradictions que Julien Fournier, acrobate sur la pente descendante, entame une recherche qui questionne et déplace la notion de performance ; qui interroge la société à travers sa pratique ; qui permette au cirque de raconter le monde contemporain.

De la virtuosité sur scène à l’efficacité dans le monde du travail, il n’y a qu’un pas. Un pas qui s’étire cependant sur de longues périodes de recherche pendant lesquelles l’acrobate entreprend l’écriture de parcours physiques en dialogue avec différents éléments, dont la scénographie et la vidéo.

Là où le corps atteint ses limites, le décor alors prend le relais et le plateau s’incline, offrant de nouvelles possibilités acrobatiques. Mais cette inclinaison du plateau et les mouvements qu’elle induit se met à raconter quelque chose ; une narration naturellement se développe.

La thématique de la souffrance au travail s’impose donc en écho de cette scénographie, qui raconte un personnage contraint par son environnement. Sur ce plateau nu mais de plus en plus incliné, peu d’éléments suffisent dès lors pour rendre palpables l’absurdité et la violence d’un système obsédé par le rendement. Un assemblage de boîtes en cartons qui se déplient en maquettes permet de passer d’un univers domestique aux villes tentaculaires dans une virtuosité du peu…

À partir de là, la création s’articule en trois axes intimement liés : le parcours physique, le texte et la vidéo, tous trois sous-tendus par une recherche documentaire fouillée pour développer un langage chorégraphique chargé de sens.

Pendant un an et demi, Laurence Vielle récolte les témoignages d’une chercheuse en sociologie du travail, d’un DRH, de victimes de burn-out, d’une mère de famille, d’un chef d’entreprise, puis elle les transforme, les habille, les découpe pour former la bande son poétique du spectacle. Sa voix –off, scande données, questionnaires, récits de vies malmenées. Mais là où les mots ne peuvent plus dire, c’est au tour du corps de prendre le relais…

Pour faire coïncider les mots et les mouvements, la vidéo entre en jeu et achève de charger l’ensemble de sens. Sur le plateau devenu écran, l’esthétique 2.0 de Yannick Jacquet dessine les trajectoires, sculpte l’espace en chiffres, textes et données, projette les témoignages, ouvre et ferme les horizons tout en donnant une nouvelle dimension à la scénographie de cartons.

La multiplicité des langages utilisés donne de l’ampleur à l’expressivité et la contrainte devient espace de création et de renouvellement. Le « Burn Out, » phénomène de société qui se déclare avant tout par le corps, trouve alors dans ce nouveau langage circassien un écrin particulièrement juste et pertinent où se raconter.

Un spectacle de et par Julien Fournier / Texte en voix OFF écrit et interprété par Laurence Vielle / Création vidéo : Yannick Jacquet / Création sonore : Raphaël Dodemont / Création lumière : Arié Van Egmond / Conception maquettes et scénographie : Julien Fournier / Construction scénographie : Atelier Rododb / Régie lumière et vidéo : Emma Laroche / Régie son : Raphaël Dodemont, Brice Agnès, Antoine Delagoutte  / Photos : Jeremy Javierre / Photo et trailer : Hubert Amiel

Production L’Habeas Corpus Compagnie

Avec l’aide à la création du Ministère de la Culture de la Fédération Wallonie Bruxelles (Direction générale des arts de la scène, Service des arts du cirque)

Avec le soutien de l’Espace Périphérique (Mairie de Paris – Parc de la Villette) (FR), de la compagnie FERIA MUSICA (BE), du Centre culturel du Brabant wallon (BE), de la Roseraie (BE) et du Théâtre des Doms (FR)

Accueil en résidence : La Roseraie (BE), l’Espace Catastrophe – centre international de création des Arts du Cirque (BE), le Centre culturel du Brabant wallon (BE), Latitude 50 – Pôle des Arts du Cirque et de la Rue (BE), La Vénerie – Centre culturel de Watermael-Boitsfort (BE), Columban – Espace de Cultures (BE), l’Espace Périphérique (Mairie de Paris – Parc de la Villette) (FR)

Accompagnement à la diffusion MoDul (BE)