David Bobée / Ronan Chéneau / Béatrice Dalle

Warm

Cirque / Théâtre

Spectacle créé aux Subsistances pour le festival Les Intranquilles – juin 2008.

Deux hommes en équilibre précaire, et l’obsession de la voix d’une femme. Tenir malgré… le trouble, la chaleur, la lumière, la sueur. Tenir, à deux, jusqu’au bout face au désir… et peut-être au-delà. Tenir, parce que là est le sens. Tenir, alors qu’une voix invite ailleurs, à la sensualité, à l’abandon, à l’écroulement. Warm a été créé aux Subsistances il y a dix ans. David Bobée l’a récrit cette année pour deux nouveaux acrobates et pour Béatrice Dalle. Un spectacle dense et sombre, en mots et en corps.

Acrobates : Edward Aleman et Wilmer Marquez
Comédienne : Béatrice Dalle
Création lumière et installation : Stéphane Babi Aubert
Création musicale : Fredéric Deslias
Construction : Salem Ben Belkacem
Régisseur Lumière : Hervé Pujervie
Régisseur Plateau : Christophe Rodriguez
Régisseur Son : Félix Perdreau
Assistante mise en scène : Sophie Colleu
Production déléguée : Centre Dramatique National de Normandie-Rouen
Coproduction : Rictus, Les Subsistances – Lyon, L’Hippodrome / Scène nationale de Douai
Remerciements à : La Brèche / Centre Régional des Arts du Cirque de Basse-Normandie avec l’aide du Conseil régional de Basse-Normandie du Conseil général du Calvados (ODACC) et de la ville de Caen.

Deux hommes en équilibre précaire, et l’obsession de la voix d’une femme.
Tenir malgré…le trouble, la chaleur, la lumière, la sueur.
Tenir, à deux, jusqu’au bout face au désir… et peut-être au-delà.
Tenir, parce que là est le sens.
Tenir, alors qu’une voix invite ailleurs, à la sensualité, à l’abandon, à l’écroulement.

C’est ce que racontent David Bobée et Ronan Chéneau dans cette performance acrobatique écrite pour Wilmer Marquez, porteur et Edward Aleman, voltigeur. Pris entre deux murs de lumières, les acrobates développent un duo de portés, main à main, d’équilibres et tentent, de plus en plus fragiles, de tenir, pris dans les injonctions du désir et l’épreuve de la chaleur. Ils sont accompagnés par la comédienne Béatrice Dalle, micro à la bouche, tenant un monologue, un poème sonore signé Ronan Chéneau.

Depuis septembre 2013, David Bobée dirige le Centre Dramatique National de Normandie-Rouen, premier CDN à vocation transdisciplinaire. Son théâtre est sans frontières. Ses interprètes sont acteurs, danseurs ou acrobates, professionnels, amateurs ou en situation de handicap, et brillent par leur diversité de nationalités et de cultures. Avec eux, il donne à réfléchir le monde depuis ses périphéries et ses identités différentielles. Engagé dans une recherche théâtrale originale, il met en œuvre conjointement scénographie, écriture dramaturgique, travail du son, de l’image et du corps. Ses créations mêlent le théâtre, la danse, le cirque, la musique, la vidéo, la lumière et se jouent partout en France et à l’étranger. Après le succès de Lucrèce Borgia qui vient de terminer sa tournée, ses récentes créations sont : Paris (2015, joué aux Subsistances lors de Livraisons d’été en 2015) d’après le Roman de Frédéric Ciriez ; Les Lettres d’amour, créé en avril 2016 à l’Espace Go de Montréal ; l’opéra The Rake’s Progress de Stravinsky créé en novembre 2016 au Théâtre de Caen. Cette saison, il met en scène Peer Gynt de Henrik Ibsen qui sera créé en janvier 2018 au Grand T à Nantes ; Stabat Mater de Pergolese, avec Sébastien d’Hérin, Caroline Mutel et l’ensemble Les Nouveaux Caractères, qui sera créé au CDN de Normandie-Rouen en avril 2018 ; La nonne sanglante, opéra de Charles Gounod qui sera créé en juin 2018

Né en 1974 à Brest, Ronan Chéneau est auteur, le plus souvent sur commande et notamment depuis cinq ans pour le metteur en scène David Bobée et le groupe Rictus. Cette collaboration le tient à l’écoute des exigences du plateau, loin de toute vision centrale et sacralisante du texte (Textes Jetés) : Res Persona, Fées, Cannibales, Nos Enfants nous font peur quand on les croise dans la rue, Petit Frère et maintenant Warm. Il collabore également avec d’autres artistes : le chorégraphe Xavier Lot, le danseur Bruno Dizien et la metteur en scène Nicole Yanni, à Marseille, Solange Oswald pour la création de Colère au festival d’Avignon… Ses textes sont publiés aux éditions Les Solitaires intempestifs.

Béatrice Dalle se voit proposer des films qui exploitent avant tout sa plastique (La Sorcière de Bellocchio, Les Bois Noirs de Jacques Deray, etc.), mais des metteurs en scène exigeants révèleront peu à peu une comédienne inventive au jeu intense. Partenaire en 1990 d’Isabelle Huppert dans La Vengeance d’une femme, après huis clos de Doillon, elle est également choisie par la fine fleur du cinéma indépendant américain, de Jarmusch (Night on Earth) à Ferrara (The Blackout). L’actrice à la présence animale devient une figure familière de l’univers nocturne et sensuel de Claire Denis, avec des films comme J’ai pas sommeil ou Trouble every day, récit d’une passion « dévorante » qui secoue la Croisette en 2001.
S’autorisant quelques incursions dans des oeuvres grand public (La Belle histoire de Lelouch en 1992, La Fille de l’air, d’après l’histoire vraie de Nadine Vaujour), l’insoumise Béatrice Dalle, devenue une égérie du cinéma d’auteur (17 fois Cécile Cassard en 2002) déclare en 2004 à Libération : « Je ne lis jamais les scénarios, je ne connais pas le casting d’un film avant de le choisir : la seule chose qui compte, c’est le metteur en scène qui me demande de le rejoindre. Je veux des fortes personnalités, c’est mon seul critère de choix », explique la comédienne. C’est ainsi qu’elle décide de partir au Japon tourner dans une audacieuse relecture de Hiroshima mon amour (le quasiexpérimental H Story de Nobuhiro Suwa), et joue volontiers
des rôles secondaires, pourvu que ceux-ci lui soient confiés par des artistes de la trempe de Haneke (Le Temps du loup) ou Assayas (Clean, en 2004). La comédienne semble aussi affectionner le cinéma de genre puisqu’on la retrouve en 2007 en compagnie de Philippe Caubère dans Truands, polar de Frédéric Schoendoerffer, et en héroïne d’un film d’horreur particulièrement gore (À l’intérieur). Par la suite, on la voit à l’affiche de comédies dramatiques telles que Tête d’or (2007) de Gilles Blanchard, Les Bureaux de Dieu (2008) de Claire Simon et Domaine (2010) de Patric Chiha.
En 2011, l’actrice accélère les projets et apparaît dans pas moins de trois productions, dont Jimmy Rivière, un film sur la communauté des gens du voyage, ou dans le très violent Notre paradis, sur les amours difficiles d’un couple homosexuel et criminel. Elle renoue également avec le registre horrifique, en retrouvant le duo de cinéastes Julien Maury et Alexandre Bustillo pour Livide, où elle côtoie la danseuse étoile Marie-Claude Pietragalla. Toujours adepte de projets forts, originaux et polémiques, Béatrice Dalle rejoint l’année suivante l’adaptation cinématographique du roman de Virginie Despentes par elle-même, Bye Bye Blondie, dans lequel elle partage l’affiche avec Emmanuelle Béart.