Dalila Belaza

Figures
Danse

En duo avec un costume-personnage conçu par l’artiste Jeanne Vicerial, Dalila Belaza donne vie à un métissage chorégraphique utopique : « une sorte de danse traditionnelle qui n’existe pas, sans culture, sans origine, ni territoire ; un rituel sans passé qui demande à sortir de terre et à prendre possession du corps. »

Dalila Belaza propose aujourd’hui un nouveau solo, dans la lignée du travail déjà accompli, depuis 2019, avec le groupe folklorique nord-aveyronnais Lous Castelous de Sénergues : « Je retrouve beaucoup de valeurs communes entre celles de l’Algérie, berceau de ma famille, et votre folklore ». Elle poursuit son travail de métissage utopique des héritages dansés en collaboration avec la créatrice Jeanne Viceral. C’est autour de cette figure sculpturale en mouvement qu’elle sonde les thématiques de l’identité et creuse la question du dialogue, entre danse rituelle et abstraction. Une chorégraphie du lâcher prise !

L’intention de créer ce solo arrive dans le sillon de mon précédent projet. J’ai eu ces trois dernières années, l’occasion de travailler avec un groupe de danse folklorique de l’Aveyron dans le cadre de ma création Au cœur.
Ce temps de fabrique a initié un élan autant humain qu’artistique, ouvrant des perspectives d’expression plurielles.
J’ai cherché à faire dialoguer, dans cette pièce, leur danse et la mienne dans une permanente navigation entre des héritages, des origines et des territoires différents ; à ouvrir le geste à la résonance dans l’espace et dans le temps. La question de la communauté, au sens d’être et de faire corps ensemble, me parle d’une nature de lien rare. J’y vois un corps unique et symphonique qui donne à voir l’humanité comme un paysage vivant.
Je réalise, à présent, que ce projet au long cours qui vit depuis trois ans, a semé le désir profond du rassemblement, du brassage et de l’ouverture ; valeurs intrinsèques à toute communauté.
Depuis trois ans il s’est créé entre leur danse et la mienne, comme entre eux et moi, malgré l’éloignement de nos cultures et pratiques respectives de la danse, une relation forte et précieuse. Avec cette création c’est notre lien à la vie, à la terre, à l’autre qui s’exprime et se met en partage. J’ai cherché dans cette création à appréhender l’origine du geste dansé sous la cérémonie du folklore ; à déconstruire une mécanique et à découvrir ce qui rassemble de manière primaire et universelle.
Je souhaiterais, cette fois-ci, construire une sorte de danse traditionnelle qui n’existe pas, sans culture, sans origine, ni territoire ; un rituel sans passé, au présent mais qui serait porteur d’une symbolique qui ne convoque pas de références connues, et qui cherche une expressivité et une poétique qui demandent à sortir de terre, et à prendre possession du corps.
Laissant libre cours à la manifestation d’histoires sans caractère personnel s’ancrant dans une cérémonie imaginée, inventée, libre. Invitant à voyager dans son déroulé du récit métaphorique au lâcher-prise.
Une pièce déterritorialisée qui représenterait un dedans mis au dehors. Et jouer de la mécanique du noir, autant par le costume que par la lumière pour transformer la perception de celui qui est témoin.

Dalila Belaza a travaillé depuis de nombreuses années au côté de Nacera Belaza, en tant qu’interprète, formatrice, collaboratrice et chorégraphe. Une longue et significative collaboration dédiée à la recherche, à la transmission et à la création autour du langage du corps. Une approche du corps en tant que phénomène en lien à d’autres phénomènes. Au fil du temps, la nécessité de donner voix et forme à des questions personnelles s’est imposée à elle. Une trajectoire de vie infléchissable qui l’amène à poursuivre différents questionnements, en étendant le champ du corps à d’autres réalités; autour, notamment ces dernières années, de la question du lien et dialogue entre danse rituelle et abstraction. A partir de 2012, elle mène des projets seules ou en collaboration avec d’autres artistes de différents champs disciplinaires et crée sa compagnie éponyme en 2020.

Conception et direction artistique : Dalila Belaza

Chorégraphie, conception son et lumière : Dalila Belaza
Interprétation : Dalila Belaza
Régie lumière : Rodrigue Bernard
Régie son et arrangement sonore : Tristan Viscogliosi

Création personnage : Jeanne Vicérial
Production : Hiya compagnie — Association Jour

 Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès dans le cadre du programme New Settings.

Coproduction : La Briqueterie CDCN du Val-de-Marne dans le cadre de l’accueil-studio, dispositif soutenu par le ministère de la culture /DRAC IDF; Charleroi danse, Bruxelles; Ballet National de Marseille-CCN-Direction (La) Horde, dans le cadre de l’accueil studio

Mise à disposition : Centre National de la Danse – Pantin Recherche de partenaires en cours