Bastien Mignot / Les Sciences naturelles

Le ciel était trop nuageux pour voir les étoiles
Performance / Création

Une performance comme un rêve obscur, comme une forêt nocturne, comme un labyrinthe crépusculaire, comme un acte de divination collectif. Vous êtes prêts ?

Imaginez une expérience sensorielle intime ou nous plongerions dans l’obscurité totale… C’est ce que propose Bastien Mignot avec cette pièce : vivre une parenthèse pour soi dans un voyage hors sol. Dans ce rêve d’obscur qui est la nuit même, la vision nous est rendue mais la capacité de description nous est retirée. En étant assis au milieu des autres spectateurs, en silence, ne ressentant que la présence sur scène, l’aventure hypnotique opère et nos sens se trouvent chamboulés. Une expérience, pour voyager dans l’invisible.

 

Rêver l’obscur c’est défaire son opposition avec la lumière nous dit Starhawk.
Ce rêve d’obscur sera la mise en place d’une expérience esthétique agissante comme un soin et comme
une prière.
Par ce rêve d’obscur il s’agira d’extraire tout le noir lumineux du noir ambiant et de rendre le monde visible
par sa poussière.
Un rêve d’obscur à la surface des vues du rêve de la peau des nuits.
Comme un rituel de dépossession, une magie blanche pour contrer la magie noire en cours dans la grande
époque de la circulation des poisons.
Un rêve d’obscur qui sera la caisse de résonance lumineuse d’un présent apocalyptique.
Comme un rituel de réparation du monde.
Comme une métaphysique de la matière ténébreuse.
Pour nous sortir de l’Anthropocène et replacer la figure humaine au cœur d’une tempête de poussières
cosmiques.
Dans ce rêve d’obscur qui est la nuit même, la vision nous est rendue mais la capacité de description nous
est retirée.
L’entreprise est boulimique mais elle ne cherche ni l’exhaustivité, ni l’épuisement des possibles. Elle ne sera
au contraire qu’une caresse dans l’étendue

BASTIEN MIGNOT fut au théâtre à l’École Supérieure d’Art Dramatique Pierre Debauche au début des années
2000. Après avoir été acteur quelques années il se rapproche de la performance et de la danse contemporaine. C’est là qu’il rencontre entre autres Yves-Noël Genod et Massimo Furlan et qu’il entame son propre travail à la fois scénique et plastique. Il collabore notamment avec le photographe Grégoire Édouard et le musicien Clément Vercelletto.
En 2013 il intègre le master de recherche ex.e.r.ce au Centre Chorégraphique National de Montpellier sous la direction de Mathilde Monnier. Comme interprète il travaille auprès de Clément Vercelletto, Ingrid Berger Myhre, Léa Drouet. Il est
artiste invité d’Alternatives Sorcières workshops menés par Latifa Laâbissi et Anna Colin.
On pourrait dire de son travail artistique qu’il consiste en des réinventions de rituels. Que c’est un travail protéiforme et sensible où se rencontrent des inspirations et des obsessions multiples volontairement non hiérarchisées. La ruine, le paysage, les mythes et les traces laissées sur terre par l’activité humaine en sont les principaux champs d’exploration.

JULIE MENUT est actrice, performeuse, autrice, chercheuse.
Elle se forme au théâtre au Conservatoire National de Région de Montpellier, avant d’intégrer l’Atelier Volant au Théâtre National de Toulouse. À sa sortie, elle joue dans plusieurs créations du Théâtre National de Toulouse et dans de nombreuses pièces de théâtre contemporain avant de s’intéresser à un théâtre plus proche de la performance et de la danse contemporaine. Elle y rencontre notamment Keith Hennessy et Yves-Noël Genod avec qui elle travaille lors de différents stages. Dès lors, elle devient interprète de créations de danse contemporaine et de performances, tout autant que de théâtre et commence à développer son propre travail artistique en inventant des formes courtes et des performances. Parallèlement, elle suit un Master en Études de genre à l’Université Paris VIII.
Son travail est, un travail des lisières et de la multitude. Aux lisières entre recherche universitaire et création, entre performance/théâtre/poésie, entre philosophie/politique/magie. Mais aussi lisière entre les corps (pas seulement humains) et lisière du langage. À partir de là, elle tente d’inventer une dramaturgie des points de fuite c’est à dire de trouver des points de passage possible entre des mondes, des basculements vers d’autres perceptions et d’autres pouvoirs. La question du pouvoir agite l’ensemble de ses travaux. Les sorcières, les rituels, les pratiques de soin et d’empowerment
sont actuellement les motifs principaux de ses explorations.

Après une licence d’arts du spectacle à l’université d’Aix en Provence MANON LAURIOL intègre en 2008 l’école
du TNS en section régie (groupe 39). Elle passe une partie de ses études sous forme de stage à la
Schaubühne de Berlin. Depuis 2010, elle travaille en tant qu’éclairagiste et régisseuse lumière avec plusieurs compagnies.
Principalement avec les metteurs en scène suivants : Olivier Coulon-Jablonka (Moukden Théâtre) sur les pièces : Paris nous Appartient, 3 Songes d’après le Procès de Socrate de Platon. Maxime Kurvers, Pièces courtes 1-9, Fassbinder/Aubervilliers, Dictionnaire de la musique. Amélie Enon (les Irréguliers) sur les pièces : Et la nuit sera calme d’après Les brigands de Schiller, Rien n’aura eu lieu de Kevin Keiss. Mirabelle Rousseau (le T.O.C.) Turandot de Brecht, Le précepteur de Lenz, SCUM Manifesto de Valérie Solanas, Si ce monde vous déplait… de Philip K.Dick….

CLÉMENT VERCELETTO est un musicien, metteur en scène et artiste sonore français né en 1981. Il se forme à la composition électroacoustique au CCRR de Lyon et aux percussions traditionnelles à l’ENM de Villeurbanne. Parallèlement il se forme aux techniques du spectacle à I’GTS de Lyon. En tant que musicien, ses principaux groupes sont Kaumwald(duo techno avec Ernest Bergez), Orgue Agnès (avec Elg et Sourdure), Ishin Denshin (avec Julien Desprez, Arnaud Laprêt et Bastien Mignot) et 1er Chasseur (solo).
Il travaille régulièrement avec le metteur en scène Mathieu Cruciani ainsi qu’avec avec les metteuses en scène Sylvie Mongin-Algan et Léa Drouet dont la dernière création Derailment a été montré au Kunstenfestivaldesarts en 2015. Il collabore actuellement avec le chorégraphe Bastien Mignot et les chorégraphes Madeleine Fournier et Malika Djardi. En 2016, la performance Tape Ensemble en collaboration avec Léa Drouet a été montrée au Palais de Tokyo dans le cadre d’Indiscipline. Parallèlement à son travail de création, il intervient sous forme de workshops à l’école ENSAV
LACAMBRE à Bruxelles depuis 2011. Sa démarche artistique tend à trouver les points de friction et de clarté entre ces deux pratiques. Ou comment le sonore devient un postulat, un vecteur pour activer le corps et la voix des interprètes
sur scène. La mélodie des choses

Conception, interprétation : Bastien Mignot
Accompagnement, collaboration artistique : Julie Menut
Lumières : Manon Lauriol
Son : Clément Vercelletto
Production : Les Sciences Naturelles

Soutiens et accueils en résidence : Les Laboratoires d’Aubervilliers, P.A.F, le CN D