Alexander Vantournhout

Through the grapevine
Danse

Pour cette création, Alexander Vantournhout a été accueilli en résidence aux SUBS en 2019.

La gamme d’expressions physiques de l’acrobate et chorégraphe flamand Alexander Vantournhout est d’une élasticité confondante. Ce nouveau spectacle créé aux SUBS en offre un témoignage sous la forme d’un duo qui brouille notre perception des corps. Telles des créatures fantastiques, les deux interprètes se touchent, se tordent, se confondent, si bien que la tête de l’un semble être reliée au buste de l’autre. « I heard it through the grapevine » expression signifiant « j’ai entendu dire », traduit les déformations que génère le bouche-à-oreille. Appliquée à la façon dont les deux danseurs communiquent par corps interposés, la gémellité des mouvements tranche avec leurs différences physiques. Ce pas de deux déconstruit les différentes manières de se mettre en rapport avec l’autre dans un jeu complexe d’attractions et de mises à distance qui forme des nœuds aux imbrications existentielles.

Concept & chorégraphie : Alexander Vantournhout
Interprètes : Axel Guérin & Alexander Vantournhout
Créé avec la collaboration de : Emmi Väisänen, Axel Guérin & Alexander Vantournhout
Musique : Andrea Belfi
Dramaturgie : Rudi Laermans
Direction de répétitions : Anneleen Keppens
Conception lumière : Harry Cole
Costumes : Anne-Catherine Kunz
Technique : Rinus Samyn

Dans le duo Through the grapevine, Alexander Vantournhout interroge le pas de deux avec Axel Guérin, qui est également interprète de sa pièce Red Haired Men (2018).

« I heard it through the grapevine » est une expression devenue célèbre grâce à la chanson éponyme de Marvin Gaye. Elle signifie « j’ai entendu dire », autrement dit « j’ai reçu ces informations de sources non fondées ». On pense à des rumeurs ou des commérages.

Cette expression désigne une information transmise de bouche à oreille, qui subit des modifications, alors que l’original semble avoir disparu. Entendre quelque chose through the grapevine, dès lors, signifie percevoir une information peu fiable ou déformée. L’expression était souvent utilisée en rapport avec le télégraphe, dont les messages, en raison d’enroulement de fils, de chute d’arbres ou d’avalanches, arrivaient en retard ou incomplets. La réception d’une œuvre d’art n’est-elle pas comparable au fait d’entendre dire des choses through the grapevine ?

Ce pas de deux s’intéresse aux différentes manières de se mettre en rapport avec l’autre, tout en résonnant dans un contexte socio-culturel élargi, et prenant en compte notamment le point de vue du genre. Ces rapports indiquent souvent un jeu complexe de désirs, dans lequel les gestes d’attraction et de mise à distance forment un nœud difficile à dénouer.

Through the grapevine développe un registre inhabituel en explorant des directions opposées. Puisqu’il est possible de se sentir intensément seul(e) tout en bougeant ensemble, un duo n’est pas forcément formé de deux êtres humains qui se comprennent.

Alexander Vantournhout (Roulers, 1989) a étudié la roue simple, l’acrobatie et le jonglage à l’ESAC (École Supérieure des Arts du Cirque, Bruxelles), et la danse contemporaine à P.A.R.T.S. (Performing Arts Research and Training Studios, Bruxelles). En 2013, il a travaillé en tant qu’acteur avec Rolf Alme, fondateur du Norwegian Theatre Academy à Friedrickstadt (NO). Depuis, il est l’auteur de plusieurs solos : Caprices (2014), une chorégraphie sur la musique de Salvatore Sciarrino, et Aneckxander en collaboration avec Bauke Lievens. Ce denier est lauréat de CircusNext 2014, ainsi que du Prix Jeune Théâtre et du Prix du public à Theater Aan Zee (Ostende, 2015). Il a également été sélectionné pour participer au réseau Aerowaves et au Theaterfestival d’Anvers (2016). Pour la création de Raphaël (2016), Alexander Vantournhout et Bauke Lievens sont artistes en résidence à Kc Nona, Malines (BE). Alexander est Ambassadeur Culturel de la Ville de Roulers (2016- 2018), artiste associé à PERPLX (Marke, 2017-2019), et artiste en résidence au Vooruit, à Gand (2017- 2021).
Alexander enseigne régulièrement à l’ESAC (2012- 2018) et à Fontys, Tilburg (2010- 1016). Il a également été invité à enseigner occasionnellement à P.A.R.T.S (BE), CODARTS (NE) et Verigo(IT). Après ses études, Alexander a suivi des cours avec sa grande source d’inspiration Steve Paxton- Lisa Nelson au Vermont (USA). Il s’est également rapproché des « pratiques de mouvement », en suivant des cours et en créant des échanges avec Martin Kilvady, Ido Portal et Fighting Monkey Research team (Rootlessroots). Son langage physique porte les influences d’une éducation et de circonstances de travail variées. Toutefois, il est marqué par deux constantes : sa recherche du potentiel créatif et cinétique dans la limitation physique, et la relation ou la frontière entre le performeur et l’objet.

Axel Guérin (basé à Bruxelles, 1992) a étudié l’acro-dance avec Winston Reynolds à Circomedia, Bristol (Centre for Contemporary Circus and Physical Theatre), en se spécialisant en acrobatie et théâtre physique. Il a poursuivi ses études à ACAPA (Academy of Circus and Performance Arts) où il a rencontré Alexander Vantournhout en tant que professeur invité. Axel Guerin a travaillé avec plusieurs chorégraphes, dont Florentina Holzinger, Mor Shani, Marc Van Loon, et Janni van Goor (Kopergietery); a collaboré étroitement avec NofitState Circus pour plusieurs projets et est interprète dans Red Haired Men (2018) d’Alexander Vantournhout.