Alban Richard

Vivace

Danse

Spectacle dans le cadre du festival Semaine sur Mars !

Vivace (italien) est un tempo de musique, allant de 132 à 170 battements par minute, souvent traduit par : avec entrain.
Sur une musique à la pulsation rapide et ininterrompue, les interprètes sont dans l’obligation de développer des stratégies de réorganisation corporelle, tout en étant dans un processus dynamique. Vivace comme un long moment à la recherche d’une satisfaction physique, proche d’un état de conscience modifiée : une danse de pulsion.

Conception, chorégraphie, lumières : Alban Richard- CCN de Caen en Normandie
Créé en collaboration avec les interprètes : Anthony Barreri, Yannick Hugron
Musique : Playlist d’extraits de musique allant du baroque à la pop, des musiques traditionnelles à la musique électro et dont la pulsation varie de 132 à 170 battements par minute
Réalisation du dispositif lumineux : Enrique Gomez
Vêtements : Christelle Barré
Assistante chorégraphique : Daphné Mauger
Conseillère en analyse fonctionnelle du corps dans le mouvement dansé : Nathalie Schulmann

Production déléguée : centre chorégraphique national de Caen en Normandie
Coproduction : Conseil départemental de la Manche
Avec le soutien de : la Communauté d’Agglomération Mont-Saint-Michel Normandie
Cette création a bénéficié du dispositif du Conseil départemental de la Manche « Résidence d’artistes dans les établissements d’enseignements artistiques »

« Vivace » c’est ce qui est vigoureux, affirmé, éclatant, c’est ce qui est doté d’une forte vitalité, ce qui persiste longtemps et avec force, ce qui est difficile à détruire.
L’expression « plantes vivaces » est souvent utilisée pour désigner une plante herbacée qui résiste aux rigueurs de la mauvaise saison, qu’il s’agisse du gel ou de la sécheresse. Le caractère vivace de ces plantes est le résultat de différentes « stratégies » biologiques, permettant aux bourgeons de survivre à la mauvaise saison grâce à un organe de survie caché dans le sol.
Vivace est un duo qui s’empare de ces notions de vitalité, de persistance, et de stratégies à trouver pour résister et s’adapter à un milieu. Paul Éluard parle du « dur désir de durer ».
Vivace travaille ces questions d’endurance au travers des concepts de pulsation métronomique et de pulsions.
Pulsation, en musique : mouvement et sensation qui naissent de la succession régulière ou irrégulière des temps forts et des temps faibles.
Pulsation, en cardiologie : Battement du cœur, des artères (pouls). Pulsation, en astronomie : Variation périodique du volume de certaines étoiles, qui se traduit par des fluctuations régulières de leur luminosité.

Parallèlement à des études musicales et littéraires – hypokhâgne et khâgne – Alban Richard rencontre la danse contemporaine. Il sera interprète entre autres pour Christine Gaigg, Odile Duboc, Olga de Soto et Rosalind Crisp.
En 1999, la performance Come out, duo sur la musique éponyme de Steve Reich, jette les bases de son univers. Il crée aussi Blood Roses, pièce pour huit danseuses sur les Suites pour clavecin de Purcell. L’ensemble l’Abrupt est fondé en 2000, rassemblant des collabora-teurs déjà fidèles. En 2000 à l’invitation du festival Mouvements d’Automne, il crée –Häfling– , pièce pour huit danseurs et trois musiciens au Théâtre de l’Etoile du Nord. En 2002, il chorégraphie et danse Sous surveillance, solo commenté en direct par l’analyste du mouvement Nathalie Schulman, en interaction avec la musique de Laurent Perrier et les lumières de Valérie Sigward. Downfall, création pour le festival Faits d’Hiver 2004, lui amène une première reconnaissance décisive, confortée par disperse, composition abstraite pour huit danseurs, créé aux Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis en 2005.  Le solo A Conspiracy, (commande du Vif du Sujet 2008), et le triptyque Trois études de séparation (2007-2009) croisent ses différents axes de recherche en conjuguant une écriture extrêmement précise et rythmique à un travail sur des états de corps différenciés. En 2009, l’IRCAM lui commande With my limbs in the dark, solo créé sur une musique de Paul Cliff. Il reçoit le prix du Jeune Talent chorégraphique de la SACD.

En 2011, à l’invitation de Christopher House, il crée une pièce pour le Toronto Dance Teater. Puis au festival Montpellier Danse, il crée Pléiades, un concert de musique et de danse, réunissant six danseurs et les Percussions de Strasbourg sur la musique de Iannis Xenakis. En 2012, l’IRCAM lui commande le solo Night:Light sur une musique de Raphaël Cendo et la pièce Boire les longs oublis voit le jour au festival Instances de Chalon sur Saône.
De 2012 à 2014, il crée un tryptique de pièces pour de larges groupes d’interprètes amateurs (entre 35 et 50 personnes par projet). For each extatic instant à la Scène Nationale d’Orléans, From afar au Prisme d’Elancourt, Forevermore au Théâtre National de Chaillot en partenariat avec le Centre National de la Danse-Pantin.
En 2014, Et mon cœur a vu à foison, pièce chorégraphique, musicale et théâtrale par onze interprètes masculins, voit sa première au Théâtre National de Chaillot.
Depuis sa création, l’ensemble l’Abrupt a été en résidence au Théâtre de Vanves, au Centre National de la Danse-Pantin, au Forum du Blanc-Mesnil, au Théâtre Louis Aragon de Tremblay-en France, à la Scène Nationale d’Orléans…
En lien avec le monde musical, l’ensemble l’Abrupt collabore avec les Percussions de Strasbourg, les Talens Lyriques, l’ensemble Cairn, l’orchestre de l’Opéra de Nancy, l’ensemble Instant Donné, l’ensemble Alternance, l’ensemble Erik Satie…
En septembre 2015, Alban Richard prend la direction du centre chorégraphique national de Caen en Normandie.
Il est accompagné de toute son équipe artistique et de collaborateurs fidèles mais aussi de deux artistes associées : Ola Maciejewska et Mélanie Perrier et de quatre artistes compagnons : Christine Gaigg, Phia Ménard, Jérôme Combier et Mickaël Phelippeau.

« 120 battements par minutes » ! Allegro, non tropo !
Sur tapis blanc, en short et legging, deux danseurs exécutent un duo frontal répétitif sur un panel de musiques de Bach au disco: en variations multiples des jambes, à l’unisson, pince sans rire, Anthony Barreri et Yannick Hugron avec distance et humour s’adonnent à un joli rituel désopilant, tout en couleurs. Baroque, angulaire, carré robotique et défilé de mode en source d’inspiration Ils se déchaînent peu à peu, de façon isolée sur ce patchwork musical désorientant.
Segmentée, binaire, en déclinaison de rythmes infinis, ce sabbat fait pulser les cœurs et le pouls avec joie et en-thousiasme. Martelant le sol, hoquetant, face à nous, ce jeu de jambes à la tyrolienne est pétri d’inventivité, agace là où ça fait du bien. On y bat sa coulpe dans l’euphorie, en osmose et pleine empathie avec nos deux maratho-niens Vivants et drôles, dans cette mécanique corporelle lâchée tous azimuts, course contre la montre pleine de ressort ! »
Geneviève Charrias, L’amuse-danse, 20 juillet 2018