Histoire d’un geste

Ados / Adultes

Olivia Grandville et Loïc Touzé vous invitent à reproduire des gestes puisés dans les répertoires des plus grandes figures de la danse moderne et contemporaine.
Dix gestes, dix chorégraphes, dix œuvres majeures. Un quizz pour les identifier, un temps pour se les approprier, un document filmique pour les découvrir. Puis vient le moment de s’en emparer, de les mixer, d’inventer une danse endiablée et collective au passé (re)composé.

Olivia Grandville reçoit une formation classique à l’École de danse de l’Opéra de Paris et intègre en 1981 le corps de ballet où elle obtient le grade de sujet dès 1983. Entre 1983 et 1988, elle a l’opportunité de traverser, outre le répertoire classique, des œuvres de Balanchine, Limon, Cunningham, de participer aux créations de Alvin Ailey, Karole Armitage, Maguy Marin, Dominique Bagouet, Bob Wilson (…).

Après une création avec J.F Duroure, elle rejoint la compagnie Bagouet en 1989 et participe à toutes les pièces jusqu’en 1992. Elle est membre fondateur de l’association Les Carnets Bagouet, et participera à cette aventure jusqu’en 2002. Impliquée également dans l’association des « Signataires du 20 Août », Olivia Grandville continue de développer son travail personnel pour lequel elle reçoit le prix Nouveau talent de la SACD en 1996. Elle coréalise également avec le metteur en scène Xavier Marchand diverses pièces, notamment Le K de E et Beaucoup de colle autour du l’œuvre de l’artiste et auteur Kurt Schwitters, et un projet au long cours autour de la culture arménienne, effectuant plusieurs voyages entre 1999 et 2002. Ce projet donnera naissance à deux créations Sept miniatures pour Paradjanov en coréalisation, et Paris-Yerevan.

À partir de 2004, Comment Taire inaugure une période de recherche mené avec l’Ircam, autour de la captation du geste dans un environnement de traitement de son. Ce travail se poursuivra avec Octa 7 pour le jeune ballet de Lyon, puis My Space en 2008 au Centre Pompidou. En 2010, le Ballet national de Marseille lui passe commande d’une pièce sur pointes, Ci-Giselle. La même année, une autre commande du Festival d’Avignon, donne naissance à Une semaine d’art en Avignon dans le cadre des Sujets à Vif. Le Cabaret discrépant, fruit d’un travail de recherche autour des partitions chorégraphiques lettristes, y sera présenté l’année suivante, en 2011. En 2012, Cinq Ryoanji, chorégraphie en dialogue avec les pièces éponymes de John Cage est créé en collaboration avec l’ensemble de musique contemporaine ]H[iatus.

Entre 2013 et 2016, elle créée plusieurs pièces qui mettent en jeu un seul interprète : elle met en scène un texte de Grégoire Bouillier, L’invité mystère, dans le cadre du festival Actoral, crée en février 2014 Le grand jeu – solo « sous influence » en dialogue avec le cinéma de John Cassavetes et la figure de Gena Rowlands – puis, suite à une commande de Théâtre Ouvert, elle crée Toute ressemblance ou similitude d’après un texte d’Aurore Jacob. Dans le même temps, elle engage les projets plus volumineux que sont Foules – création pour une centaine d’amateurs – créé en 2015 et Combat de Carnaval et Carême, créé en janvier 2016 au lieu unique puis présenté notamment à la Biennale de la Danse de Lyon, dans le cadre du Focus danse, ainsi qu’aux Rencontres chorégraphiques internationales de Seine Saint-Denis (2017).
Installée depuis 2011 à Nantes, elle est artiste associée au lieu unique de 2017 à 2019. Elle prépare sur cette période deux nouvelles créations : A l’Ouest, qui sera créée au lieu unique en mai 2018 après une étape présentée à la Ménagerie de verre en 2017, puis Dancepark (saison printemps 2019)un dispositif de création conçu avec Yves Godin pour le lieu unique. A l’invitation du Ballet de Lorraine, elle créera Nous vaincrons les maléfices en mai 2019.
Parallèlement à son travail de chorégraphe, elle est aussi enseignante, improvisatrice, et interprète, notamment auprès de Vincent Dupont (Incantus 2007) et Boris Charmatz (Flipbook – 2008, La levée des conflits – 2010, 20 danseurs pour le 20ème siècle – 2012). Elle collabore régulièrement avec le Musée de la danse, récemment pour la mise en œuvre de Roman Photo, version pour amateurs de Flip Book, qu’elle a mis en scène en 2013 au TU de Nantes, et pour laquelle elle a été sollicitée à La TATE Modern de Londres (2014), puis à La Biennale de Venise (2014). Elle collabore en 2016 avec César Vayssié dans la performance Coproud, présentée à la Fondation Louis Vuitton dans le cadre de la FIAC puis à la Ménagerie de Verre.

 

Loïc Touzé est danseur, chorégraphe et pédagogue, dont Morceau, Love, La Chance, Fanfare, Forme Simple, ses créations peuvent s’incarner dans des formats très divers. Ainsi le projet Autour de la table, coécrit avec Anne Kerzerho ou le film Dedans ce monde sont autant de manières de faire apparaître la danse hors de son périmètre spectaculaire, hors de son champ ou en lisière du champ chorégraphique. La plupart des interprètes qui partagent son travail sont eux-mêmes auteurs et ont largement contribué par leur talent et leur engagement à la réalisation des pièces chorégraphiques depuis une vingtaine d’années.
Il entreprend pendant plusieurs années avec le chercheur et artiste Mathieu Bouvier une investigation autour de la notion de figure, donnant lieu à une série d’ateliers professionnels et à la création du site pourunatlasdesfigures.net. Il est par ailleurs régulièrement invité à prendre part aux activités de recherche de la Manufacture à Lausanne. Loïc Touzé développe une pratique pédagogique conséquente et donne de nombreux stages à destination de professionnels ou d’amateurs, en France et dans le monde. Il intervient très régulièrement dans les formations professionnelles en danse et en théâtre (Master Exerce, écoles du Théâtre National de Strasbourg et de la Manufacture à Lausanne). Il a été membre fondateur du collège pédagogique du CNDC d’Angers entre 2004 et 2007 et a occupé entre 2016 et 2019 un poste de maître de conférence associé à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes.

Loïc Touzé s’investit également dans les projets d’autres artistes, d’une part en proposant un accompagnement à la chorégraphie ou à la dramaturgie (pour le cirque, le théâtre, la danse et la musique), d’autre part en développant des contextes favorables à l’émergence d’un travail autre que le sien. Il a codirigé les laboratoires d’Aubervilliers de 2001 à 2006 avec Yvane Chapuis et François Piron et dirige depuis 2011 Honolulu, lieu de travail pour la création contemporaine dédié à la danse et la performance à Nantes.
Toutes ces modalités d’agissement, création, recherche, enseignement ou collaborations, sont liées entres elles sans souci de hiérarchie. Ce qui préside au travail tient dans la conviction que le geste dansé est une aventure, une promesse de transformation et d’émancipation.