Hélène Iratchet

Résidence / Production déléguée
Du 8 novembre au 21 juin 2021

Artiste accompagnée par les SUBS*, Hélène Iratchet est accueillie en résidence en 2021 et 2022 aux SUBS et hors nos murs pour son projet Les Délivrés.

*Les SUBS accompagnent Hélène Iratchet pour structurer ses activités, produire ses spectacles et organiser leur tournée en France et à l’étranger.

Prises dans un flux continu de livraisons à leur domicile, une mère et sa fille répètent un spectacle inspiré de leur héros, le chorégraphe américain William Forsythe. Mais les livreurs et leurs colis n’arrivent pas toujours au bon moment ni au bon endroit. Comment sommes-nous pris dans cette implacable cyber-logistique des corps et des objets ?

Extrait de la note d’intention

La livraison, le travail
Avec cette nouvelle pièce il s’agit de poursuivre et d’affiner mon travail d’artiste en tant que chorégraphe inscrite dans une réalité sociale, dans ma réalité, celle construite par mon identité de femme artiste vivant en France en 2021. J’ai envie de faire entrer sur scène un bout de cette réalité concrète, de la reproduire, de la rejouer en partant
d’une situation simple : deux danseuses, une mère et sa fille, en train de répéter sont interrompues par l’arrivée d’un livreur (UPS ou livreur Deliveroo avec son vélo. Je précise que les noms des marques seront modifiés.) Il s’agit de voir comment l’espace « protégé, privilégié, presque domestique » d’une salle de répétition dans un théâtre absorbe ou pas la perturbation que peut représenter l’irruption d’un autre type de travailleur : le livreur.
La figure du livreur m’intéresse car il peut incarner une sorte de messager, de Père-Noel, de serviteur. De mon côté, c’est une personne que je ne rencontre pas vraiment, l’échange se réduisant habituellement à quelques secondes faites d’une signature sur une tablette en échange d’un colis. De son côté, il me perçoit à peine, comme une pièce minuscule de la mosaïque constituée des intimités domestiques auxquelles il a accès quelques secondes par jour.

La famille, les filiations, refaire l’histoire
Etant la première artiste de ma famille, tant du côté maternel que paternel, j’ai envie de réécrire mon histoire personnelle en imaginant que je suis la fille d’une danseuse. Ma mère aura dansé pour Trisha Brown, William Forsythe, Angelin Preljocaj et Anne-Teresa de Kaersmeeker bien sûr. N’étant pas du tout issue d’un cursus académique j’ai cependant une grande admiration pour ces artistes et rêve de pouvoir interpréter certaines de leurs danses. Peut-être ces références passeront par l’utilisation de musiques des répertoires de ces grands chorégraphes : Thom Willems, Steve Reich, Bach ou Monteverdi.
J’imagine aussi, que succédant à un livreur UPS, un livreur de Danceathome ou Toutlemondedanse qui vient nous transmettre une danse, une sorte de tuto vivant qui se rend au domicile des clients. Toutes les grandes compagnies et Ballets américains ont mis en place ce service qui arrive tout juste en France. La pièce sera faite de moments de « pure danse » et de scène dialoguées entre la mère et la fille sur leurs privilèges de faire ce métier, de dialogues entre les divers personnages de livreurs sur la qualité, l’origine des produits livrés, sur les erreurs de livraisons (costumes trop grands ou trop petits, objets complètement décalés et non à propos). Le livreur recevra peut-être lui aussi des coups de fil de sa mère en pleine livraison. Nous jouerons des scènes de Unboxing en live (Avec des placements de produits ? Comme dans The Truman Show le film de Peter Weir avec Jim Carrey, 1998)

Hélène Iratchet est artiste, chorégraphe, danseuse et vidéaste. Elle vit à Saint-Etienne, après avoir vécu à Tarbes, Toulouse, Roubaix et Paris. Athlète de formation (elle est entrainée par l’entraineur de Carl Lewis au Texas) et après des études de lettres, elle se forme à la danse au conservatoire, au Centre de Développement Chorégraphique National Toulouse Occitanie, au Merce Cunningham Studio à New York, enfin lors de très nombreux stages et workshops.
En parallèle à ses activités liées à la danse, elle est élève au Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains à Tourcoing entre 2005 et 2007 où elle réalise un court-métrage. Elle intègre en 2015, le master SPEAP programme d’expérimentation en arts et politique de Sciences Po Paris, fondé et dirigé par le philosophe Bruno Latour. Enfin en 2017 elle participe à la formation Prototype à la fondation Royaumont, dirigée par Hervé Robbe (Corps virtuose/Corps amateur, quel corps à l’œuvre dans la danse contemporaine ?)
Depuis 2004, elle crée plusieurs spectacles : le solo En privé à Babylone, le duo Jack in the box, le quatuor Hommage d’un demi-dimanche à un Nicolas Poussin entier, les duo Roi et Reine à Montpellier danse, SOCLE avec l’écrivain Pauline Klein dans le cadre du festival Concordanse(s), le duo Rose coécrit avec Rachel Garcia pour le festival entre cour et jardins. Tout récemment la pièce Sketches qu’elle interprète avec la danseuse chinoise ErGe Yu. À l’invitation de l’artiste Delphine Coindet elle créé les performances in situ Des gestes choisis (2017, Nuit Blanche à la Collégiale Saint-Martin de la ville d’Angers) et Mon club de plongée (2019) au MIAM, Musée des Arts Modestes de Sète.
Depuis 2001, elle a travaillé comme interprète auprès de Gisèle Vienne et Etienne Bideau-Rey, Thierry Bédard, Christian Rizzo, Herman Diephuis, Thierry Baë, David Wampach, Julie Desprairies, Sylvain Prunenec, Xavier Le Roy, Ivana Muller. Elle joue également dans les performances et films des artistes Pauline Curnier-Jardin, Ulla Von Brandenbourg, Tino Sehgal, Alex Cecchetti et de la cinéaste Shalimar Preuss.

Designer, plasticienne, danseuse Rachel Garcia développe son travail dans le contexte des arts vivants et des arts visuels. Titulaire du DNSEP de design d’espace de l’Ecole Supérieure des Beaux Arts de Toulouse (ISDAT), elle s’est formée en parallèle au métier de danseuse contemporaine au Conservatoire National de Toulouse, dans la Compagnie Colline à Istres, ainsi qu’au CDC de Toulouse, à New York chez Merce Cunningham et Trisha Brown et auprès de la Compagnie Damaged Goods, Meg Stuart à Zurich.
Au fil de sa collaboration avec David Wampach, elle conçoit des costumes qui questionnent la nudité et les limites du corps avec son environnement matériel. Par ces questionnements, elle a développé une approche de la création liée au choix des matériaux et de leurs effets sur la perception et la lecture des corps. Elle accompagne le processus de travail d’Hélène Iratchet depuis 2001, avec la création de costumes et l’interprétation du duo Prestissimo, puis signe les accessoires, costumes et scénographies de la plupart de ses pièces. Avec Pauline Curnier-Jardin elle poursuit sa recherche de costumes plasticiens, depuis le film Grotta ProfundaLes Humeurs du gouffre (2011), et la création des costumes et des scénographies de ses performances, films et installations. Elle a co-signé avec elle la performance Crèche vivante en 2012, produite et présentée par la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain. Ses costumes et décors sont fréquemment exposés dans le circuit de l’art contemporain : Blutbad Parade, Ressurection Plot, Grotta Profunda Approfondita à la Biennale de Venise 2017. Elle accompagne le travail de Pol Pi depuis la pièce Alexandre-2019 à titre de collaboratrice artistique, pour les pièces Me too Galatée et daté.e.s elle signe costumes et scénographie. Elle collabore également pour la création costume avec les chorégraphes Heddy Maalem, Aurélien Richard, Fabrice Lambert, Christophe Bergon, Yuval Rozman, Aude Lachaise, Sylvain Huc, Vincent Thomasset, Emilie Labédan, Robyn Orlin, Julie Desprairies, James Carlès et Aragorn Boulanger.
Elle co-signe avec Marion Muzac Le Sucre du Printemps chorégraphié avec 27 jeunes issus des danses urbaines, et créé quatre versions du projet à Toulouse (2009), Düsseldorf AL (2010), La Région parisienne (2013), et Ramallah P (2013).

Rima Ben-Brahim commence par étudier la photographie à Montpellier qu’elle finalise par un stage durant le festival Montpellier Danse ou elle découvre sa passion pour les arts du spectacle vivant. Elle aborde alors les techniques du cirque pendant deux années (École National du Cirque Etaix et Fratellini), la danse et l’art lyrique à la Schola Cantorum de Paris. En 2007 elle obtient un diplôme d’électricité, puis en autodidacte elle se consacre particulièrement à l’éclairage. Elle travaille dans différents lieux culturels et théâtres à Paris tel que le théâtre de la bastille et la Briqueterie. Plusieurs compagnies de danse et de théâtre lui confient la direction technique de leurs spectacles.
Elle travaille notamment aux cotés d’Antonia Baehr et Valérie Castan, Des Miss et des mystères, Rire, My Dog, …- Eszter Salamon, Monument 0.1 et 0.2– Saydou Boro, le Cri de la chair– Hélène Maton, 100 ans dans les champs,… Elle rencontre les éclairagistes Sylvie Garot et Marie-Hélène Pinon, qui l’accompagnent et lui confient certaines de leurs régies lumières Ces dernières créations lumière : Bombyx Mori, Dance Concert, d’Ola Maciejewska Weaver Quintet, d’Alexandre Roccoli Love & Revenge, Strange Land, de La Mirza et Rayess Bek Des Miss et des Mystères, de Valérie Catsan et Antonia Baehr Milibar, une ritournelle chorégraphique, de Geisha fontaine et Pierre Cottreau Moi, Daouda Keita, danse et chorégraphie de Daouda Keita Without you I’m nothing, performance de William Wheeler (H)ush AND (S)ilence, projet d’improvisation, Cie les décisifs de Clara Cornil Kotéba de Seydou Boro Daté.e.s de Pol Pi.

Après des études au Conservatoire National de Tel-Aviv, Yuval Rozman s’installe en France à partir de 2013. Ici, il aura l’occasion de présenter son travail comme auteur-metteur en scène entre autres au festival actOral, Next, Cabaret de Curiosité, Tandem, Artdanthé au Théâtre du Nord. En tant qu’auteur et metteur en scène, il a créé Sous un ciel bleu et des nuages blancs, Cabaret Voltaire, TBM (prix Artcena en 2018) et Sécurité. Sa dernière pièce The Jewish Hour, dont il signe l’écriture et la mise en scène, est créée en mars 2020 au phénix, elle est lauréate de la bourse Beaumarchais SACD et du prix du jury de la 12ème édition du Festival Impatience en 2021. Il collabore également avec Laetitia Dosch pour l’écriture et la mise en scène de ses créations Un Album, HATE et Radio Arbres. En 2020 Yuval Rozman crée sa compagnie INTA LOULOU. Actuellement, il travaille sur sa prochaine pièce Adesh qui sera le dernier volet de la Trilogie de ma terre après les pièces TBM et The Jewish Hour. Adesh a reçu le soutien de l’Institut Français dans le cadre d’une « Résidence Sur Mesure ».

Elle est née en 1965, à Tel Aviv, Tamar Shelef est diplômée de la Rambert Academy Dance à Londres en 1984. Elle travaille ensuite au sein de la Compagnie Bat Dor à Tel Aviv jusqu’en 1987 et rejoint le Grand Théâtre de Genève, où elle y est interprète pendant cinq ans. Elle s’installe à Paris en 1992 pour intégrer la compagnie Preljocaj pendant trois ans. Depuis, elle collabore avec les chorégraphes Joël Borges, Christian Rizzo, David Wampach, Alain Buffard, Antonia Baehr, Fanny de Chaillé, Ido Feder, Hélène Iratchet, Mylène Benoit et la plasticienne Iris Sara Schiller.

Julien Ferranti est né au Brésil en 1990, il grandit à Nice où il commence la danse en 2002 au sein de l’école Classi Jazz. En 2005, il intègre le Conservatoire régional de Nice avant d’entrer en 2006 au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Pendant cinq ans, il se forme à différentes techniques (Cunningham, Feldenkrais, contemporaine, classique…) avec des professeurs tels que Cheryl Therrien, Susan Alexander, André Lafonta, Florence Vitrac, Isabelle Riddez, Sergei Soloviev, Peter Goss et travaille avec les chorégraphes Thomas Lebrun, Yuval pick, Melanie Lomoff des ballets C de la B. Diplômé en 2011, il entame quelques mois après sa sortie une carrière dans la compagnie DCA Philippe Decouflé dans des tournées internationales (Corée, Japon, Brésil, Russie, Allemagne, Angleterre, Grèce, Italie, Espagne, Autriche, Belgique…) avec les spectacles suivants de 2012 jusqu’alors : PANORAMA, BEAUX ARTS, CONTACT, COURTE POINTE, NOUVELLES PIECES COURTES, TOUT DOIT DISPARAITRE. Ponctuellement, il propose des workshops au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Il participe également en tant qu’interprète, aux tournages des clips de Mathilde Fernandez et Nosfell. Parallèlement, il entreprend en autodidacte une carrière musicale. Il chantera pour Philippe Decouflé, Animaux vivants, et dans la création en 2019 de Stephanie Thiersch dans laquelle il est engagé comme danseur. Dans ce spectacle Bilderschlachten– bataille d’images, il aura une partition musicale soliste en temps que contre ténor : composition de Brigitta Muntendorf pour l’orchestre Les Siècles. Suite à cette collaboration, Stephanie Thiersch lui demandera de faire des recherches musicales en Grèce, ainsi que de la traduction en vue d’un projet en Août 2020.

Ecriture et Chorégraphie : Hélène Iratchet
Scénographie et costumes : Rachel Garcia
Création lumière : Rima Ben Brahim
Interprétation : Hélène Iratchet, Tamar Shelef, Julien Ferranti
Conseils à l’écriture : Yuval Rozman

Production :
Les SUBS – lieu vivant d’expériences artistiques, Lyon et l’association Richard

Coproductions et résidences – en cours :
Le KLAP Maison pour la danse, Marseille, Le Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape, CCN2 – Centre de Développement Chorégraphique National de Grenoble, Charleroi danse