Cie de onze à trois heures

Du 6 au 18 mai 2019
Accueil-studio AURA

La Cie de onze à trois heures est accueillie en résidence aux Subsistances pour sa future création Josie Harcoeur (titre provisoire).

Le projet

Josie Harcoeur, conçu à la manière d’un monstre de Frankenstein, hybride les univers de la variété française des années 70 à celui de la tradition gothique anglo-saxonne (de Dracula à Boulevard du Crépuscule), empruntant ici à la théâtre musicale, là au cinéma de genre.

Le projet repose sur la résurgence de la mémoire, et l’exploration du passé suit le parcours sinueux d’un labyrinthe où mélodies, chorégraphies et play-back sont les indices d’une charade aboutissant, selon les points de vue, à une révélation horrifique ou à un prétexte allégorique.

L’aspect nostalgique de l’entreprise côtoie des préoccupations contemporaines (voire intemporelles) telles que la quête d’une identité, le refus obstiné du vieillissement, la fascination pathologique exercée par les icônes sur les spectateurs.

L'équipe artistique

La compagnie de onze à trois heures, créée en 2017 à la faveur du spectacle Ultra-Girl contre Schopenhauer, produit des spectacles où chansons, citations et voix nues tracent les itinéraires d’hommes et de femmes happés par leur imaginaire, et prisonniers de scénographies très graphiques.

L’identification comme processus de construction de soi, le désir inabouti, les stratégies de survie face au quotidien sont autant de thématiques chères à la compagnie, et qui se déclinent par le biais de la parole (impossible, empruntée ou mimée), s’illustrent par la difficulté de parler pour soi et de soi, le basculement dans des réalités alternatives chatoyantes, et le vertige de jouer à être un autre au cœur d’un dispositif dramatique.

Formellement, ces préoccupations peuvent s’appuyer sur des procédés ludiques de recyclage des mots et des sons (playback, détournement de textes), ou sur la joyeuse stylisation que suppose une embardée musicale.  Souvent, la narration se prend les pieds dans d’incessantes ruptures de rythmes, digressions et pas de côté, pour mieux repousser une conclusion que l’on redoute.