Catherine Beaugrand

Du 19 au 24 novembre 2018
Résidence Labo NRV

Catherine Beaugrand est accueillie en résidence au Labo NRV pour son projet Assez vivant.

Le projet

Le projet interroge le rapport aux automates et aux systèmes d’intelligence artificielle dans la manière dont ceux-ci sont présents dans la vie quotidienne.

La robotique, nichée au cœur des technologies de l’information, s’attache plus que jamais à la parole, au dialogue, aux émotions, aux relations affectives. Quand le bot conversationnel ou le jouet dit robotique analyse le contenu d’une demande exprimée par une phrase écrite ou orale, il semble écouter puis répondre en ami intéressé ou en interlocuteur efficace.

Appartenant à l’Artificial Narrow Intelligence, un bot spécialisé dans un champ restreint dépasse l’humain sur cette spécialité. C’est l’Artificial General Intelligence capable de raisonner, résoudre des problèmes, comprendre des idées complexes qui est l’enjeu majeur actuel. Notre désir de supposer une attention cordiale ou affectueuse de la part d’un interlocuteur s’exprimant à travers la machine est tel que nous ne sommes pas troublés par la confusion entre les deux niveaux.
Qu’est-ce qui est suffisant pour paraître assez vivant pour que nous cédions au désir d’y croire ?

Parcours

Catherine Beaugrand développe de manière singulière une pratique artistique qui sollicite des activités différentes tout en les séparant et en les articulant: la production de formes, l’écriture, l’enseignement-recherche, la mise en scène de projets collectifs.
Elle associe le dessin, la sculpture, la vidéo dans des formes qui sont souvent de grandes dimensions. C. Beaugrand a exposé, jusqu’en 2002, des installations multimédia comme Tantôt Roi, tantôt Reine à PS1 N.Y en 1987, Ava Pandora à la Biennale de Lyon, Luna Park  à la Documenta X en 1997, le projet Holbein à Tokyo en 2000. Elle s’est ensuite engagée dans des projets pluridisciplinaires pour penser les transformations des espaces publics par les outils numériques. Par exemple en 2008, dans le cadre de la Biennale du Design à Saint-Etienne, elle réalise Sugoroku, un projet de type urban gaming qui associe le public à différents acteurs d’un territoire.
De 2009 à 2015 elle s’est fortement mobilisée sur la question de la recherche en art à l’ENSBA de Lyon en créant DatAData, unité de recherche centrée sur les relations entre les pratiques artistiques et les cultures numériques.
Ses projets en cours, menés sur de longues périodes de temps, réinvestissent la forme d’installations assemblant sculptures, dessins, textes, images fixes ou animées pour produire sous d’autres formes des versions on line et off line. Par exemple, Magellan optimentalement (2014-2018) juxtapose l’édition d’un livre papier à une publication numérique et à l’exposition d’un vaste ensemble de dessins 2d/3d. Assez vivant (2016-2018) incorpore aux matériaux et modes de représentation traditionnels utilisés de nombreux objets technologiques, visibles ou non, interrogeant l’art After Internet.