Bastien Mignot

Résidence
Du 1er au 9 avril 2021

Bastien Mignot (Les Sciences Naturelles) est accueilli en résidence aux SUBS pour sa pièce Le ciel était trop nuageux pour voir les étoiles.

Le Ciel était trop nuageux pour voir les étoiles (créée aux laboratoires d’Aubervilliers en 2017) précède Un regard suffit à rayer l’invisible (création 2022), c’est la première pièce d’un diptyque pour pierres, humains, animaux, forêts et théâtres. Deux pièces théâtrales, plastiques et chorégraphiques avec lesquelles Bastien Mignot déplie le motif du noir dans un rêve d’obscur. Le noir y est l’origine de nos métamorphoses à venir.

Note d’intention

Rêver l’obscur c’est défaire son opposition avec la lumière nous dit Starhawk.
Ce rêve d’obscur sera la mise en place d’une expérience esthétique agissante comme un soin et comme une prière. Par ce rêve d’obscur il s’agira d’extraire tout le noir lumineux du noir ambiant et de rendre le monde visible par sa poussière. Un rêve d’obscur à la surface des vues du rêve de la peau des nuits. Comme un rituel de dépossession, une magie blanche pour contrer la magie noire en cours dans la grande époque de la circulation des poisons. Un rêve d’obscur qui sera la caisse de résonance lumineuse d’un présent apocalyptique.
Comme un rituel de réparation du monde.
Comme une métaphysique de la matière ténébreuse. Pour nous sortir de l’Anthropocène et replacer la figure humaine au cœur d’une tempête de poussières cosmiques. Dans ce rêve d’obscur qui est la nuit même, la vision nous est rendue mais la capacité de description nous est retirée. L’entreprise ne cherche ni l’exhaustivité, ni l’épuisement des possibles. Elle ne sera au contraire qu’une caresse dans l’étendue.

BASTIEN MIGNOT

Bastien Mignot est artiste
Il fut formé au théâtre à l’École Supérieure d’Art Dramatique Pierre Debauche au début des années 2000 ainsi qu’à e.x.e.r.c.e au Centre Chorégraphique National de Montpellier. Il développe un travail à la fois scénique et plastique. Il codirige la compagnie Les Sciences naturelles avec Clément Vercelletto. Actuellement il crée Un regard suffit à rayer l’invisible qui sera présentée en 2022. Bastien Mignot est également interprète pour Clément Vercelletto, Ingrid Berger Myhre, Léa Drouet, Antoine Cegarra.

JULIE MENUT

Actrice, performeuse, autrice, chercheuse.
Elle se forme au théâtre au Conservatoire National de Région de Montpellier, avant d’intégrer l’Atelier Volant au Théâtre National de Toulouse. À sa sortie, elle joue dans plusieurs créations du Théâtre National de Toulouse et dans de nombreuses pièces de théâtre contemporain avant de s’intéresser à un théâtre plus proche de la performance et de la danse contemporaine. Elle y rencontre notamment Keith Hennessy et Yves-Noël Genod avec qui elle travaille lors de différents stages. Dès lors, elle devient interprète de créations de danse contemporaine et de performances, tout autant que de théâtre et commence à développer son propre travail artistique en inventant des formes courtes et des performances. Parallèlement, elle suit un Master en Études de genre à l’Université Paris VIII.
Son travail est, un travail des lisières et de la multitude. Aux lisières entre recherche universitaire et création, entre performance/théâtre/poésie, entre philosophie/politique/magie. Mais aussi lisière entre les corps (pas seulement humains) et lisière du langage. À partir de là, elle tente d’inventer une dramaturgie des points de fuite c’est à dire de trouver des points de passage possible entre des mondes, des basculements vers d’autres perceptions et d’autres pouvoirs. La question du pouvoir agite l’ensemble de ses travaux. Les sorcières, les rituels, les pratiques de soin et d’empowerment sont actuellement les motifs principaux de ses explorations.

Conception, interprétation : Bastien Mignot
Accompagnement, collaboration artistique : Julie Menut
Lumières : Manon Lauriol
Son : Clément Vercelletto

Production : Les Sciences Naturelles
Soutiens et accueils en résidence : Les Laboratoires d’Aubervilliers, P.A.F, le CN D. Une première version a été créé aux Laboratoires d’Aubervilliers dans le cadre du printemps des laboratoires#5 « Extra Sensory Perception » en mai 2017