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Cher Partenaires et Relais,

L’événement à ne pas manquer aux Subsistances, c’est la création du spectacle “Nous ne pouvons connaître le goût de l’ananas par le récit des voyageurs”, du 26 au 29 novembre prochain dans le cadre du Live du Festival Mode d’emploi. Odile Darbelley et Michel Jacquelin fabricants de spectacles, d’art et d’idées, poursuivent depuis plusieurs années leur monographie sur l’art tangent : un monde parallèle entre Marcel Duchamp et Pierre Dac où la réalité nourrit la fiction… et inversement.

“Nous ne pouvons connaître le goût de l’ananas par le récit des voyageurs” est une série théâtrale autour de l’autobiographie et de l’autofiction. Dans une grande bulle transparente, cocon, couveuse ou lieu de projection physique et mentale, un penseur ou un artiste est invité à inventer une forme spectaculaire pour raconter sa vie et son œuvre.
Partant du principe que « l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même » et qu’ « autant le faire tant qu’on est vivant ». Ici, pour la TRANCHE N°5, c’est la philosophe Vinciane Despret, qui se raconte. D’éthologue, c’est-à-dire spécialiste du comportement des animaux, elle en est tout naturellement venue à s’intéresser aux humains. Sous la loupe drôlissime des Darbelley / Jacquelin, elle transmet sa vie et son expérience. Et complices, ils tentent la joyeuse aventure de la transmission de pensée tangente. 

http://www.les-subs.com/evenement/nous-ne-pouvons/

Rencontre avec Odile Darbelley et Michel Jacquelin

Quel est le sujet du spectacle ?

“Nous ne pouvons connaître le goût de l’ananas par le récit des voyageurs” propose d’essayer de comprendre comment on en arrive à penser comme l’on pense… L’idée est de proposer à des gens qui à priori n’aiment pas particulièrement parler d’eux et qui nous intéressent pour des raisons diverses de trouver avec nous des formes spectaculaires pour parler de leur expérience. Qu’ils soient musiciens, cinéastes ou philosophes, il s’agit de tenter de raconter avec eux là où ils en sont et ce qui les a façonnés. Ce qui nous intéresse c’est le rapport de leur cheminement personnel à l’histoire et à la culture des cinquante dernières années. Voir comment s’inscrit leur histoire singulière dans les différents courants de la pensée. Il s’agit de les remettre au cœur de cette histoire et de souligner ce qui a déclenché des choses importantes dans leurs démarches créatrices.

Vous pouvez donner un exemple ?

Par exemple Vinciane Despret, notre invitée pour cette tranche, lorsqu’elle était très jeune à Liège a accompagné des artistes et en particulier Jacques Lizène, qui est un formidable zozo belge. Il a créé l’art médiocre et il s’autoproclame « petit Maître liégeois de la seconde moitié du XXe siècle ». Elle a été immergée dans ce milieu complètement barré et dans cette pensée par l’absurde qui nous intéresse particulièrement. On a retrouvé Jacques Lizène pour notre travail. Il connait bien Vinciane et donc on a pu mettre en relation le cheminement qui partant de cette expérience très particulière a permis la suite et la construction de sa pensée d’éthologue et de philosophe assez originale.

Comment se construit le spectacle, l’invité fait le comédien ?

Non, il y a des parties écrites, un ordre préétabli, à l’intérieur il y a un jeu avec des improvisations. Nous sollicitons l’invité toujours dans le domaine de ses compétences. Nous n’écrivons pas à la place de Vinciane, en revanche nous écrivons notre partition à partir de ses bouquins et vingt-cinq heures d’entretiens enregistrées avec elle. Il y aura aussi un animal sur le plateau puisqu’elle a décidé de centrer le travail sur la relation aux animaux plutôt que sa recherche plus récente sur la relation aux morts. Il y a aura des allusions, mais l’éthologie est son propos théorique le plus approfondi.

Vous choisissez un aspect de sa recherche ?

Pas complétement, nous commencerons d’ailleurs par des images qui associent les deux thématiques. Ce sont les images d’une expérience d’Edison en 1903 , qui pour montrer qu’il avait inventé un bon système de production électrique avait électrocuté un éléphant. Mais si on a orienté le travail plutôt sur les animaux c’est aussi parce que c’est ce qui l’a construite méthodologiquement avec le rapport à l’image, au chercheur. C’est partant de ce sujet qu’elle a trouvé sa façon de procéder et de penser.

Comment aller de l’histoire de la personne à la grande histoire ?

L’enjeu de ce spectacle est que l’expérience des personnes dessine l’histoire de la pensée. D’une tranche à l’autre – nous en sommes au cinquième invité- un personnage d’artiste fictif construit sa biographie idéale en s’emparant de l’expérience des autres. Il est l’interlocuteur celui qui amène son grain de sel, il réinvestit d’un épisode à l’autre les différentes pistes, créé des échos.

Partant de l’expérience des autres, il se la réapproprie. D’ailleurs il y a des choses qui passent d’un épisode a l’autre, il y a des informations qui sont reconduites.

Pourquoi faire des tranches ?

Même si on balaye finalement à chaque fois l’histoire de la pensée des mêmes cinquante dernières années, ce sont chaque fois des expériences et des tons de spectacles radicalement différents car chaque personne a des rapports radicalement différents avec son histoire et avec l’histoire. Cela nous entraîne sur des terrains très différents. Hubertus Bierman, un musicien, notre dernier invité était sur un rapport assez émotionnel avec sa propre histoire, avec celle de son pays l’Allemagne et avec son père. André S. Labarthe, cinéaste, relisait son histoire à l’aune de celle du cinéma, de celle de la Nouvelle vague, c’était beaucoup plus impressionniste. Et à chaque fois le rapport avec le public s’en trouve modifié.

Les spectateurs doivent-ils être déjà un peu historiens ?

Les spectateurs n’ont pas besoin d’avoir de connaissances philosophique ou historique particulières.

Justement pas, c’est à partir de nos invités que l’on tire les fils. Lorsqu’on rencontre quelqu’un, on part de choses simples, de la conversation, pas d’une approche théorique.

Ici c’est pareil, on essaie de remettre en jeu, de faire expérimenter de façon sensible au spectateur ce qui vient d’être dit. On part du concret de la personne.

C’est un peu l’art de la conversation que l’on met au plateau. On voit comment à plusieurs on construit du sens. Finalement c’est un peu mystérieux, on ne sait pas très bien par où l’on passe dans une conversation, on ne sait pas vraiment pourquoi. On est incapable de refaire le chemin d’une conversation quand on l’a terminée, et ce qui est intéressant c’est aussi ce chemin.

Sur le plateau, on reprend le chemin de la conversation pour retrouver celui de la pensée, parce que c’est un cheminement qui n’a pas de logique. Vinciane parle souvent à propos de la construction de son travail de tuiles, de choses qui se superposent. Nous sommes dans un mode d’écriture assez proche. Ce qui intéressant que là que nous sommes obligés de réinventer chaque fois de nouvelles solutions pour créer une relation entre le public et la personne qu’on a invité, pour rendre intelligible le chemin et l’histoire.

La relation au public est intéressante aussi du point de vue scientifique, cela interroge la place du témoin direct dans la fabrication de l’histoire. Un des champs de travail de Vinciane est “comment prendre en compte le point de vue de l’animal”. Je ne sais pas si ce qu’on demande à nos spectateurs est si éloigné de ce qu’on demande à une collection de souris sous une lampe… L’expérience est partagée, par eux, par l’invité, par nous.

Propos recueillis par Cathy Bouvard.

INFOS PRATIQUES

Le spectacle est proposé du 26 au 29 novembre dans le cadre du Live du Festival Mode d’emploi:

  • jeu 26 novembre 2015 / 19h30
  • ven 27 novembre 2015 / 21h30
  • sam 28 novembre 2015 / 21h15
  • dim 29 novembre 2015 / 15h15

Pour rappel, dans le cadre d’un parcours avec vos publics, le service médiation des Subsistances vous permet de bénéficier d’un tarif réduit++ à 8€ (au lieu de 14€ au tarif plein).

Contactez le Service des Publics des Subsistances : publics@les-subs.com / 04 78 30 37 39

Au plaisir de vous retrouver,

Bénédicte Beaudot & Morgan Fraisse-László

 

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