Les subsistances

Laboratoire international
de création artistique - Lyon
Théâtre / Danse /
Cirque / Musique

Les subsistances

Laboratoire international
de création artistique – Lyon

Archives - Saison 2014 - 2015

Daniel Jeanneteau

faits (fragments de l’Iliade)

Du 8 au 11 septembre 2014

Création  Théâtre

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Présentation

Dans un univers ocre, minéral et apocalyptique, Daniel Jeanneteau a imaginé un dispositif exceptionnel. Le danseur et les comédiens se déplacent dans une immense plaine embrumée, au milieu de blocs de béton et de tas de gravats. Le public et l’action évoluent au cœur de cette zone de combat.

Le metteur en scène a choisi ce passage de l’Iliade, lorsque Homère fait se rencontrer Priam et Achille : un vieillard et un jeune homme, deux opposés, deux ennemis maximums. Pour faire ressortir l’intimité et la poésie de cette rencontre, il utilise en contrepoids la violence du texte pour décrire l’action des armes sur le corps. Dans cet échange complexe de gestes et de mots émerge une forme de danse.

EXTRAITS

Il lança un trait,
Vers le nez, près de l’œil, qui traversa les dents blanches ;
Le bronze trancha la langue à la racine,
Et la pointe alla ressortir au plus bas du menton.
[il] croula ;
Chant V, 290.

Comme il fonçait droit devant lui, il reçut en plein front
Le fer pointu, qui traversa l’épais casque de bronze
Et pénétra sans peine dans le crâne, où la cervelle
Gicla de toute part, terrassant l’homme en plein élan.
Chant XI, 95.


À noter !

La totalité du spectacle se déroule debout (exception pour les personnes à mobilité réduite). Nous vous conseillons de venir avec des chaussures fermées. Pour plus de renseignements appelez la billetterie au 04 78 39 10 02.

Parole à Daniel Jeanneteau

Parole recueillie par Cathy Bouvard, mai 2014

« Le projet est né d’une proposition des Subsistances, très précise et très indéfinie : faire quelque chose avec l’Iliade et l’Odyssée, Homère. Je n’avais jamais abordé un projet de cette façon, et j’y découvre une liberté inattendue. À commencer par la liberté de puiser, dans cette œuvre immense et multiple, la matière d’une action, d’un rêve. La liberté aussi de ne pas penser une forme à l’avance, selon son appartenance supposée à tel ou tel registre d’expression. Il ne m’ont pas demandé d’en faire un spectacle de théâtre, il ne m’ont pas même parlé de danse, ils ont ouvert un espace d’apparition, en moi pour commencer, où des figures, du temps, des émotions peut-être pouvaient s’agencer calmement. […]

J’ai travaillé à extraire de l’ensemble du texte tous les passages qui décrivent l’action des armes sur les corps, en retirant les adjectifs, en calcinant les attributs qui fleurissent le récit. Reste un foisonnement de fragments lacunaires, à la violence objective et si crue qu’elle en devient presque insoutenable. Le résultat est dur, effrayant, mais conserve étrangement sa qualité de poème. […]

La grande question scénographique de l’Iliade est celle du paysage, et plus précisément celle de l’entre-deux, du non-lieu, de la zone. Tout se passe dans l’étendue qui sépare la ville retranchée de Troie et le camp des grecs sur le rivage. Il y a là une plaine sur laquelle ont lieu les combats, où coule un fleuve. C’est aussi une étendue jonchée de corps, dormants, affrontés, morts, aimants. Le travail sur l’espace portera sur les spectateurs en premier lieu, puisqu’il n’y aura pas de gradins et le public circulera librement dans l’étendue du hangar, dans lequel nous aurons répandu une grande quantité de gravats, de blocs de béton. Un espace minéral parlant de destruction, de vestiges, de disparition. Sans direction prédéfinie, sans centre repérable, le spectacle pourra venir de partout. Mais surtout il s’agira de faire sentir, dans cette banalité horizontale, la tension magnétique d’un espace inhabitable et hanté par la violence. Et de redonner, par une sorte de renversement de proportions, la mesure du miracle qui s’est produit, ce soir-là, entre Achille et Priam. » Daniel Jeanneteau

Interview lundi 8 septembre par Hervé Laurent de Radio Pluriel

Distribution

Conception, mise en scène : Daniel Jeanneteau
Danseur : Thibault Lac
Comédiens : Gilbert Caillat, Laurent Poitrenaux, avec la participation de Manuel Guiyoule
Lumière : Anne Vaglio
Son : Isabelle Surel
Assistant : Damien Schahmaneche
Régie son : Lucie Odin
Régie plateau : Elvire Tapie

Et aussi :
Les conducteurs d’engins : Hilario Ferreira et Maxime Robles
L’encadrement : Thomas Jean-Louis (PDG), Nizar Drine (Responsable logistique) et Laurence Peraudeau (Conducteur de travaux)

Production : Les Subsistances – Lyon, La Biennale de la danse. En collaboration avec le Studio-Théâtre de Vitry.

Parcours

Daniel Jeanneteau / conception, mise en scène
Daniel Jeanneteau est né en 1963 en Moselle. Il a étudié à l’École des Arts décoratifs de Strasbourg puis à l’école du TNS. Il a mis en scène et conçu les scénographies d’Iphigénie de Jean Racine (2001) et de La Sonate des spectres (2003) au CDDB – Théâtre de Lorient, d’Anéantis de Sarah Kane au Théâtre National de Strasbourg (2005), d’Into The Little Hill, opéra de George Benjamin et Martin Crimp à l’Opéra Bastille (2006), d’Adam et Ève de Mikhaïl Boulgakov à l’Espace Malraux de Chambéry (2007), de Blasted de Sarah Kane à Shizuoka au Japon (2009), de Bulbus d’Anja Hilling au Théâtre National de la Colline (2011), de The glass menagerie de Tennessee Williams à Shizuoka au Japon (2011) et de Les Aveugles de Maurice Maeterlinck au Centquatre (2014). Il a cosigné avec Marie-Christine Soma les mises en scène de Les Assassins de la charbonnière d’après Kafka et Labiche à l’école du TNS (2008), de Feux d’August Stramm, créé au Festival d’Avignon 2008, de Ciseaux, papier, caillou de Daniel Keene (2010) et de Trafic de Yoann Thommerel (2014). Daniel Jeanneteau a conçu de nombreuses scénographies de spectacles, notamment pour Claude Régy, Gérard Desarthe, Jean-Claude Gallotta, Alain Ollivier, Trisha Brown, Didier Gallas… Lauréat de la Villa Kujoyama à Kyoto en 1998, lauréat de la Villa Médicis Hors-les-Murs au Japon en 2002, Daniel Jeanneteau remporte en 2000 et 2004 le Grand prix du syndicat de la critique.
Il dirige le Studio-Théâtre de Vitry depuis 2008.

Laurent Poitrenaux / comédien
Laurent Poitrenaux est né à Vierzon en 1967. Il se forme à l’École Théâtre en Actes à Paris, dirigée par Lucien Marchal. Il a joué sous la direction de nombreux metteurs en scène dont Christian Schiaretti, Éric Vigner, Daniel Jeanneteau, Arthur Nauzyciel et François Berreur. Collaborateur régulier de Ludovic Lagarde, il a joué dans pratiquement tous ses spectacles depuis 1992, et notamment Un nid pour quoi faire et Un mage en été d’Olivier Cadiot créés pour le festival d’Avignon 2010, une trilogie Büchner présenté au Théâtre de la Ville et Lear is in Town de Frédéric Boyer et Olivier Cadiot, créé au festival d’Avignon 2013. Il a récemment joué sous la direction de Marcial Di Fonzo Bo pour Une Femme de Philippe Minyana au Théâtre National de la Colline. Au cinéma, il a travaillé avec Claude Mouriéras, Sigried Alnoy, Christine Dory, Patrick Mille, Gilles Bourdos, Christian Vincent, Sophie Fillières et plus récemment avec Agnès Jaoui dans Au bout du conte (2013), Isabelle Czajka dans D’Amour et d’eau fraîche (2010) et La vie Domestique (2013), et Mathieu Amalric dans La Chambre bleue (2014).

Thibault Lac / danseur
Thibault Lac a étudié à l’École Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Bordeaux, puis à P.A.R.T.S. à Bruxelles de 2006 à 2010. Parallèlement à ses études, il a dansé dans The Show Must Go On de Jérôme Bel (2009), et a assisté Tino Sehgal à l’occasion de son exposition au Musée Guggenheim (New York, 2010). Interprète dans Little Perceptions de Noé Soulier, A Dance For The Newest Age d’Eleanor Bauer et Zombie Aporia de Daniel Linehan, il a récemment dansé dans la pièce de Mathilde Monnier : Twin Paradox. Sur scène aux côtés de Trajal Harrel dans différents formats du projet 20 Looks or Paris is Burning at the Judson Church, ainsi que rédacteur en chef de la publication (20 Looks : XL), il a également joué en 2013 dans la pièce de Harrell pour le MoMA : Used, Abused and Hung out to Dry.

Gilbert Caillat / comédien
Professeur de Lettres dans la région lyonnaise, chargé d’éducation artistique à la DRAC Rhône-Alpes, membre du comité d’experts danse et théâtre de la DRAC et spectateur de théâtre de longue date, Gilbert Caillat a déjà joué aux Subsistances sous la direction de Karelle Prugnaud pour le spectacle Kawaï Hentaï, en 2010.

Autour du spectacle

Chantier
Vendredi 11 juillet à 19h
Répétition ouverte au public.

Babel
Mardi 9 septembre
Rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation.

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Tarifs

8€ / 16€

Dates & horaires

lun 8 septembre 2014 / 20:00

mar 9 septembre 2014 / 20:00

mer 10 septembre 2014 / 20:00

jeu 11 septembre 2014 / 20:00

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