Saison 2017 - 2018
Les subsistances

Laboratoire international
de création artistique - Lyon
Théâtre / Danse /
Cirque / Musique

Saison 2017 - 2018
Les subsistances

Laboratoire international
de création artistique – Lyon

Pr Programmation

Didier Ruiz / La compagnie des hommes

Une longue peine

Jeudi 26 & vendredi 27 octobre 2017

Théâtre

Présentation

Alain, vit à Marseille, 48 ans, quatorze années de détention, sorti de prison le 15 janvier 2015.
André, 73 ans, vit à Lyon, trente-cinq années de prison, libéré en décembre 2012 avec un bracelet électronique sur une période de deux mois suivie d’une libération conditionnelle jusqu’en juin 2014, auteur de T’en auras les reins brisés (EMCC, 2014).
Eric, 51 ans, vit en Lozère, dix-neuf années et cinq mois de détention.
Louis, 67 ans, vit dans la Loire, dix-huit années de prison, sorti de la maison centrale de Rioms, le 24 décembre 1994, a publié deux livres Retour à la case prison (Les éditions ouvrières, 1990), Vigilances lettres par-dessus les murs (Aléas, 1993) co-écrit avec Jean-Yves Loude et Le coup de grâce (L’Atelier, 1995).
Annette, compagne de Louis, vit dans la Loire, huit années de parloir.

Ils sont restés enfermés pendant de nombreuses années. Ils ont vécu dans un autre monde, une autre société, avec d’autres règles.
Comment peut-on parler ensuite de ce voyage souvent honteux, souvent tu ?
Ceux que l’on nomme les « longues peines » peuvent nous faire part de cette étrange parenthèse avec leurs mots, leur poésie, leurs émotions. Une longue peine, comment ça se raconte ? C’est étrange, ce mot qui signifie punition et chagrin en même temps.
Il y a ceux qui sont sortis mais il y a aussi celle qui a attendu dehors, la compagne, qui raconte son enfermement à elle. Comment tous ont été emportés par cet abime de la disparition, du passage à l’ombre. Sortir du silence, donner à entendre, ouvrir des portes, des espaces d’échanges et de réflexion.
Le théâtre est le lieu de la parole. De toutes les paroles. Le théâtre est le lieu du partage. Partageons avec eux. Leur présence sur le plateau, leurs paroles qui résonnent vers les cintres, leur dignité qui illumine le public. Regardons-les en face. Regardons-nous.

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Babel autour de Une longue peine
Vendredi 27 octobre à l’issue de la représentation

Rencontre avec l’équipe artistique de la pièce et Bernard Bolze (cofondateur de Prison Insider et fondateur de l’Observatoire international des prisons).

Note d’intention

Je n’ai jamais caché mon appréhension avant. Appréhension avant de commencer une nouvelle création, sensation bien connue de cette grande feuille blanche qui terrorise, paralyse, qui hante les nuits et les rend terriblement courtes. Appréhension aussi de rencontrer ces hommes.
Qu’aurions-nous en commun ? Comment nous accepter, venant d’univers si différents ? Une vision du monde, une langue, tout pouvait nous séparer. Comment me situer auprès de ces lascars sans foi ni loi, moi, malingre homme de théâtre, qui n’ai que du vent et des rêves dans ma besace ?

Et la rencontre s’est faite. Sans effort. Sans douleur. Sans artifice. Sans séduction. Ne rien se prouver. Nous avons tous joué carte sur table, sans masque ni artifice. Et les mondes qui nous éloignaient se sont rapprochés. Et les peurs se sont dissipées. Et les sourires sont apparus. Et les rires. Et puis nous avions des rendez-vous. Au plateau, à table, à l’apéro. Des rituels. Des repères. Et le plaisir à chaque étape…

Rarement les choses ont été aussi simples, les gens surtout. Les appréhensions du début ont vite disparu comme une brume matinale devant l’arrivée des premiers rayons du soleil.

Nous avons travaillé, peu. Trois semaines. Rien, une blague.

Je me souviens du jour où j’ai compris que je n’avais rien à leur apprendre sur la présence.
C’était à Lyon, sur le plateau chaleureux des Subsistances. Ils étaient là, sur le plateau, d’un seul coup et n’entendaient pas changer de place.

Je me souviens du jour, c’était le dernier de la semaine, où j’ai su comment les choses se passeraient au plateau. Une évidence. Le souci, c’est quand elle tarde un peu à arriver…

Et puis il y a eu la table. Aussi importante que le reste voire plus.

A Lyon, nous mangions une excellente cuisine mitonnée par un restaurant voisin. Tout était délicieux et nous mangions avec un appétit d’ogre. C’était les premiers jours, nous étions dans l’enthousiasme de la découverte et de l’éveil.

En Camargue, deuxième semaine de répétition. C’est Paulette qui venait tous les jours avec ses gamelles. Elle nous a concocté de savoureux petits plats mijotés avec amour. Produits du marché, desserts amoureux et surprises du jour. Un rapport à la bouche sensible.
Après les mots dits, les mets doux. Une bouche qui donne et qui reçoit. Nous étions, je crois, dans un moment d’équilibre, d’apaisement. Moins de quantité, plus de plaisir au moment.

A Marseille, dernière ligne droite. Repas du soir pris ensemble au théâtre. Salle triste avec un éclairage triste. Diner exotique préparé par un restaurant associatif qui nous a régalé de plats kurdes, berbères et autres… Nous mangions avec plaisir mais le compte à rebours avait commencé et nous avions un rendez-vous. Une austérité paisible, une concentration tranquille.

Les repas racontent. L’assiette donne à entendre.

Didier Ruiz

Distribution

Mise en scène : Didier Ruiz
Assisté de : Mina de Suremain
Avec : André Boiron, Annette Foëx, Eric Jayat, Alain Pera, Louis Perego.
Création lumière : Maurice Fouilhé
Création sonore : Adrien Cordier
Images : Adrien Cordier, Alain Pera

Production déléguée : La compagnie des Hommes
Coproduction : Les Subsistances, laboratoire international de création artistique – Lyon, La maison des métallos – établissement culturel de la ville de Paris, le Théâtre André Malraux de Chevilly-Larue, Les Bancs Publics
Avec le soutien : de la DRAC Île-de-France, de la Région Île-de-France, d’Arcadi Île-de-France, du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône – Centre départemental de création en résidence et des fondations Un monde par tous et E.C.ART – Pomaret.

Le projet est accompagné par Bernard Bolze, fondateur de l’Observatoire International des Prisons et co-fondateur de Prison Insider et par l’OIP – section française.

Remerciements aux centres d’hébergement et de réinsertion sociale de l’APCARS Athènes-Marseille et le Safran-Paris.

La compagnie des Hommes est subventionnée par la Région Île-de-France au titre de la permanence artistique et culturelle.

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Tarifs

Attention ! Tarification spécifique

Plein : 17 € / Réduit * : 13 € / -26 ans et étudiants : 10 € / RSA : 9 €

*Réduit : +65 ans, chômeurs, groupes 10 personnes, famille nombreuse, abonnés ou adhérents des théâtres partenaires, demandeurs d’emploi, porteurs d’une carte d’invalidité, carte culture Ville de Lyon, carte senior Ville de Lyon.

Dates & horaires

jeu 26 octobre 2017 / 21:00

ven 27 octobre 2017 / 19:00

À partir de

12 ans

Durée

1h35

Autour du spectacle

Babel
Rencontre vendredi 27 octobre à l’issue de la représentation.

Dans le cadre du festival