Saison 2016 - 2017
Les subsistances

Laboratoire international
de création artistique - Lyon
Théâtre / Danse /
Cirque / Musique

Saison 2016 - 2017
Les subsistances

Laboratoire international
de création artistique – Lyon

Pr Programmation

Alexandre Roccoli

Chantier

Jeudi 4 mai 2017 à 19h30

Danse

Présentation

Présentation d’une étape de travail du spectacle d’Alexandre Roccoli, Weaver-Quintet

Chorégraphie des gestes artisanaux résistants à l’oubli, Weaver perpétue la mémoire ouvrière des tisserands à travers la « reprise » de leur récit culturel, au double sens de ce que l’on reprend et de ce que l’on répare. Alexandre Roccoli croise ici les histoires d’ouvrières victimes de tarentulisme ou de la maladie d’Alzheimer, deux formes de mémoire blessée, dont la confrontation crée l’effet d’un redoublement réparateur. La confusion des répétitions du geste technique, de la pulsation techno, de la pathologie et de la chorégraphie organise la remédiation des unes par les autres, ouvrant ainsi la voie à une possible résilience par la danse.

Le spectacle d’Alexandre Roccoli sera présenté en 2018 aux Subsistances dans le cadre du festival Le MOI de la danse.

Le projet

Depuis plusieurs années, Alexandre Roccoli développe une recherche plastique et chorégraphique sur des gestes artisanaux anciens, déjà perdus ou résistants à l’oubli. A travers les créations Empty picture (2013), Longing (2014), Weaver Raver (2015) et différents ateliers, le chorégraphe a ainsi réuni la matière d’une trame aussi visuelle que sonore sur le monde tisserand. Entre l’Italie, le Maroc et la France, Alexandre Roccoli a recueilli les témoignages de ceux qui perpétuent cette mémoire ouvrière, toujours plus menacée par l’automatisation des pratiques dans les sociétés industrielles.

Cherchant à « repriser » ces récits culturels — à les reprendre comme on les répare — Alexandre Roccoli croise dans Weaver les histoires d’ouvrières victimes de tarentulisme (un trouble nerveux qu’on attribuait à une piqûre d’araignée) ou de la maladie d’Alzheimer, deux formes de mémoire blessée. Pour la première, la maladie devenue danse folklorique (la « tarantella ») se fige dans une représentation édulcorée, qui en altère le souvenir, quand pour la seconde, les troubles mnésiques irrémédiables qu’elle produit empêchent la transmission de tout héritage gestuel.

Weaver prend la forme d’un quintette dansé par trois interprètes (Véra Gorbatcheva, Daphné Koutsafti, Juliette Morel), accompagnée par une compositrice (Deena Abdelwahed) et une créatrice lumière (Rima Ben Brahim). La création musicale est jouée en live à partir de matériaux sonores puisés dans la lutherie du métier à tisser (son cordage et sa boiserie), au cœur d’une musique mixte, à la fois instrumentale et électro-acoustique.

Telle une chorégraphie du regard, qui occulte, zoome et dissèque, Weaver rend visible les histoires secrètes de ces mouvements artisanaux, logés dans la mémoire cachée des corps. La pièce s’envisage alors comme un acte libérateur, dévoilant autant les assujettissements de ces corps à la technique ou à la maladie que leurs conditions d’ émancipation par la danse. La confrontation entre les répétitions du geste artisanal, de la pathologie et de la danse crée enfin l’effet d’un redoublement réparateur, d’une remédiation des unes par les autres. Entendant cicatriser ces mémoires blessées en recouvrant ces histoires perdues, Weaver se pose comme un dispositif de conservation moins documentaire qu’affecté, ouvrant la voie à une possible résilience.

Parcours

Titulaire d’une Maîtrise en Esthétique de la Création, mention Danse du département Danse de l’université Paris VIII, et d’une licence en Information et communication, option politiques cultu-relles à Lyon II, il se forme ensuite auprès de Mathilde Monnier au Centre Chorégraphique National de Montpellier. Membre actif du Théâtre du Soleil pendant trois ans, il est interprète de Tambours sur la digue d’Ariane Mnouchkine.
En 2003, il part vivre à Berlin où il collabore avec les artistes Antonia Baehr, Aranxta Martinez, Eszter Salamon, Tino Seghal, Maria Clara Villa Lobos, Tamer Yigit, Clemens Von Wedemeyer. Chorégraphe pour le Berghain à Berlin, il signe des Dance-sections pour l’opéra After Hours créé par Marcello Buscaino et Heidi Moddle. Dans le film Otto up with dead people de Bruce Labruce (Berlinale et Sundance 2008), il co-signe les mouvements des acteurs et écrit les parties chorégra-phiées.
Le travail qu’il met en place individuellement, ou avec A Short Term Effect, croise les champs de l’art chorégraphique et de la mode. Il a ainsi créé Ersatz à la Villa Gillet (Lyon, 2005), A short term ef-fect au Hebbel Am Uffer à Berlin et aux Subsistances (2006), Unbecoming solo, dans le cadre d’une résidence à Bushwick à New York et présenté pour le festival Fiaf, avec l’aide de Cultures France. En 2008, dans le cadre de Second Skin, en partenariat avec Les Subsistances et Tanzquartier à Vienne, il crée avec des artistes d’autres disciplines artistiques, la pièce Last Last.
Alexandre Roccoli est également commissionné pour la conception d’expositions, lesquelles sont conçues comme des chorégraphies reposant sur les principes de mise en mouvement du regard et de l’expérience du spectateur avec la galerie des galerie Lafayette sur la danse et la mode ou encore à la haus der Kultur der Welt à Berlin en 2011 sur le corps et la mode .
Il co-signe Drama per Musica avec Séverine Rième, en 2011, au Centre Pompidou, dans le cadre du Nouveau festival, puis au festival Anticodes aux Subsistances. Sa dernière pièce Empty picture, intègre à son langage chorégraphique les gestes de travail de la classe ouvrière et notamment ceux de la mine , recréant un nouveau territoire d’imaginaire pour cette mémoire collective.
En 2013, il entame une collaboration avec Jeff Mills et une série de projets qui abordent l’univers des exoplanètes et questionnent le devenir du corps dans le nouveau monde que permet d’envi-sager ces découvertes : Chronique des autres mondes possibles (Fondation Vasarely).
Depuis 2008, il mène une étude sur des principes de dérivations avec des enfant autistes et des personnes Alzheimer. Ce projet met en lien les savoirs du monde hospitalier et ses approches psy-chiatriques et une démarche chorégraphique et sonore.

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Tarifs

Entrée libre sur réservation

Dates & horaires

jeu 4 mai 2017 / 19:30

Durée

Environ 1h (présentation + discussion)

Juste avant

Commencez votre soirée avec une Subs-visite à 18h30.