Saison 2016 - 2017
Les subsistances

Laboratoire international
de création artistique - Lyon
Théâtre / Danse /
Cirque / Musique

Saison 2016 - 2017
Les subsistances

Laboratoire international
de création artistique – Lyon

Ar Artistes Résidents

Alexandre Roccoli

Compagnie A short term effect

Du 24 avril au 6 mai 2017

Résidence

Présentation

Alexandre Roccoli est accueilli en résidence aux Subsistances du 24 avril au 6 mai 2017 pour son projet Weaver-Quintet.

Chorégraphie des gestes artisanaux résistants à l’oubli, Weaver perpétue la mémoire ouvrière des tisserands à travers la « reprise » de leur récit culturel, au double sens de ce que l’on reprend et de ce que l’on répare. Alexandre Roccoli croise ici les histoires d’ouvrières victimes de tarentulisme ou de la maladie d’Alzheimer, deux formes de mémoire blessée, dont la confrontation crée l’effet d’un redoublement réparateur.

Weaver-Quintet sera présenté aux Subsistances en 2018 dans le cadre du festival Le MOI de la danse.

Le projet

Depuis plusieurs années, Alexandre Roccoli développe une recherche plastique et chorégraphique sur des gestes artisanaux anciens, déjà perdus ou résistants à l’oubli. A travers les créations Empty picture (2013), Longing (2014), Weaver Raver (2015) et différents ateliers, le chorégraphe a ainsi réuni la matière d’une trame aussi visuelle que sonore sur le monde tisserand. Entre l’Italie, le Maroc et la France, Alexandre Roccoli a recueilli les témoignages de ceux qui perpétuent cette mémoire ouvrière, toujours plus menacée par l’automatisation des pratiques dans les sociétés industrielles.

Cherchant à « repriser » ces récits culturels — à les reprendre comme on les répare — Alexandre Roccoli croise dans Weaver les histoires d’ouvrières victimes de tarentulisme (un trouble nerveux qu’on attribuait à une piqûre d’araignée) ou de la maladie d’Alzheimer, deux formes de mémoire blessée. Pour la première, la maladie devenue danse folklorique (la « tarantella ») se fige dans une représentation édulcorée, qui en altère le souvenir, quand pour la seconde, les troubles mnésiques irrémédiables qu’elle produit empêchent la transmission de tout héritage gestuel.

Weaver prend la forme d’un quintette dansé par trois interprètes (Véra Gorbatcheva, Daphné Koutsafti, Juliette Morel), accompagnée par une compositrice (Deena Abdelwahed) et une créatrice lumière (Rima Ben Brahim). La création musicale est jouée en live à partir de matériaux sonores puisés dans la lutherie du métier à tisser (son cordage et sa boiserie), au cœur d’une musique mixte, à la fois instrumentale et électro-acoustique.

Telle une chorégraphie du regard, qui occulte, zoome et dissèque, Weaver rend visible les histoires secrètes de ces mouvements artisanaux, logés dans la mémoire cachée des corps. La pièce s’envisage alors comme un acte libérateur, dévoilant autant les assujettissements de ces corps à la technique ou à la maladie que leurs conditions d’ émancipation par la danse. La confrontation entre les répétitions du geste artisanal, de la pathologie et de la danse crée enfin l’effet d’un redoublement réparateur, d’une remédiation des unes par les autres. Entendant cicatriser ces mémoires blessées en recouvrant ces histoires perdues, Weaver se pose comme un dispositif de conservation moins documentaire qu’affecté, ouvrant la voie à une possible résilience.

Parcours

Titulaire d’une Maîtrise en Esthétique de la Création (département Danse de l’université Paris VIII) et d’une licence en Information et communication (opt. politiques culturelles à Lyon II), Alexandre Roccoli se forme ensuite auprès de Mathilde Monnier au CCN de Montpellier. Il devient ensuite membre actif du Théâtre du Soleil pendant trois ans, en tant qu’interprète de Tambours sur la digue d’Ariane Mnouchkine.

En 2003, il part vivre à Berlin où il collabore avec les artistes Antonia Baehr, Aranxtia Martinez, Eszter Salamon, Tino Seghal, Maria Clara Villa Lobos, Tamer Yigit, Clemens Von Wedemeyer. Chorégraphe pour le club Berghain à Berlin pour l’opéra After Hours créé par Marcello Buscaino et Heidi Moddle ce qui lui permet d’amorcer une série de collaborations avec certaines figures de la musique électronique et electro-accoustique comme Ellen Alien, DJ Chloé, Pantha du prince, Jeff Mills, Benoist Este et tout récemment Deena Abdelwahed, Daox.

Il écrit les scènes dansées du lm Otto up with dead people de Bruce La bruce (Berlinale et Sundance 2008). Il a ainsi créé Ersatz à la Villa Gillet (Lyon, 2005), A short term effect présenté au Hebbel Am Uffer à Berlin et aux Subsistances à Lyon (2006), Unbecoming solo, dans le cadre d’une résidence à New York et présenté à Crossing the lines. En 2008, dans le cadre de Second Skin, en partenariat avec Les Subsistances et Tanzquartier à Vienne, il crée avec des artistes d’autres disciplines, la pièce Last Last. En 2009 il répond à la commande du Centre Pompidou pour le Nouveau festival Drama per Musica, crée avec Séverine Rième puis au festival Anticodes aux Subsistances à Lyon.

Alexandre Roccoli est également commissionné pour la conception d’expositions conçues comme des chorégraphies. Elles reposent sur des principes de mise en mouvement du regard et de l’expérience du spectateur. Depuis 2010, Alexandre Roccoli développe une recherche plastique et chorégraphique sur des gestes artisanaux anciens, déjà perdus ou résistants à l’oubli. À travers les créations Empty picture (2013), Longing (2014), Weaver Raver (2015) et différents ateliers, le chorégraphe a ainsi réuni la matière d’une trame aussi visuelle que sonore sur le monde tisserand. Entre l’Italie, le Maroc et la France, Alexandre Roccoli a recueilli les témoignages de ceux qui perpétuent cette mémoire ouvrière, toujours plus menacée par l’automatisation des pratiques dans les sociétés industrielles.

Weaver-Quintet (production de 12 CDC) et Hadra sont les deux créations de la saison 2017-2018. Elles se font écho dans la série des pièces autour de mémoires oubliées et de transmissions.

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Dates & horaires

Du 24 avril 2017 au 6 mai 2017