Comment faire passer l'écriture romanesque de Federman sur unplateau de théâtre ?Ce qui est formidable et de fait théâtral, c'est que dans ses romans
Federman s'adresse aux lecteurs. Il n'écrit pas s'il n'y a pas une adresse
possible. C'est très beau car il y a une stratification des adresses : au fil
du roman, il rencontre des gens qui deviennent des protagonistes de
l'oeuvre et des interlocuteurs. Ensuite il y a toujours une autre personne
qui l'accompagne qui est un “écouteur” professionnel, un groupe de spectateurs,
sa femme, un ami à qui il raconte cette rencontre, ce parcours. Il
induit dans son écriture même le rapport privilégié avec des auditeurs qui
traversent le roman mais aussi avec les lecteurs mis en position de spectateurs.
C'est pour cela que cette écriture est par essence théâtrale.”
Éric Massé, metteur en scène et comédien, s'est formé au CNR de Bordeaux et à l'École de la Comédie de Saint- Etienne. En 2000, il crée avec Angélique Clairand la Compagnie des Lumas.
Entre 2002 et 2004, il met en scène une trilogie sur les meurtrières contemporaines. En 2004, il entame une recherche sur l'enfermement carcéral et crée “Concertina” (aux Subsistances en 2004) et “L'île des esclaves” de Marivaux. Cette saison aux Subsistances, Éric Massé effectuera en solo, les premières recherches autour de sa nouvelle création prévue en 2008 et animera un atelier de pratique amateur avec des personnes en souffrance psychique.
Co-metteur en scène de la saga Federman,
Angélique Clairand est comédienne et co-fondatrice de la Compagnie des Lumas. Elle a travaillé avec Stanislas Nordey, Roland Fichet, Jean-Claude Berrutti, Frédéric Fisbach, Robert Cantarella... Elle joue et collabore à la mise en scène de la plupart des spectacles des Lumas. Elle met en scène “Le pansage de la langue” au festival du Nombril du monde de Pougne- Hérisson et “Traces de guerre” d'après des lettres et des carnets de guerre de ses aïeuls (création au Musée National des deux Victoires).
“Le comique vient aussi de l'histoire derrière tout ça. Je suis un survivant.
J'aurais dû être réduit en savonnette, il se trouve que je ne le suis
pas. Le seul moyen que j'ai eu pour vivre avec cette énorme absence, ce
trou béant en moi, c'est le rire, ou alors de passer le reste de ma vie à
souffrir, puis me suicider comme Primo Levi ou Paul Celan. Le rire m'a
sauvé. Je suis joyeux.”
Raymond Federman.
Aux Subsistances, seront présentés deux des spectacles de la trilogie des “Moinous”, à voir à la suite. Tous deux énergiques, plein d'humour, picaresques...“Moinous et Sucette” : les tribulations amoureuses de Sucette, bostonienne raffinée et fortunée et de Moinous, orphelin apatride et SDF. L'histoire d'une
rencontre, vécue ou rêvée, à l'aube des années 70, entre pauvreté, révolte familiale et combat politique. Une énergie et une candeur, un goût doux
amer de l'Amérique.
“La Double Vibration” : course contre la montre pour sauver le Vieux
de sa déportation pour les colonies spatiales. L'Histoire se mêle aux
fantasmes les plus délirants. Federman en prophète.
Mise en scène, adaptation et scénographie : AngéliqueClairand, Éric Massé.
Jeu : Anthony Breurec, Charlotte Duran, Riad Gahmi, Pauline Laidet, Marion Lubat, Géraldine Masquelier, Camille Ronge, Antoine Sastre, Benjamin Villemagne.
Lumière : Thomas Chazalon.
Vidéo : Guillaume Marmin.
Chorégraphie : Axelle Mikaëloff.
Réalisation costumes décor : Ateliers de la Comédie de Saint-Étienne.
Reportage photographique : Jean-Louis Fernandez.
Administration de production : Laurence Rotger.
Coproduction : La Comédie de Saint Etienne, La Compagnie des Lumas, Le Th